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mercredi 18 mai 2011

L'accueil de l'autre : une pratique consciente

Extrait de « L'obligation de conscience»
de Yvan Amar



Aussi surprenant que cela puisse paraître et depuis toujours, le grand enseignement traditionnel se résume avant tout à l'hospitalité : l'accueil de l'autre, l'accueil de l'étranger, celui - ou cela - qu'on ne connaît pas.
Cette pratique de l'hospitalité constitue profondément la pratique de la relation consciente : entrer encore et toujours en relation consciente avec l’autre, l'inconnu, l'étranger, celui qu'on n'attendait pas... et Dieu sait qu'il nous en arrive qu'on n'attendait pas !
Le couvert est toujours dressé sur la table sur l'autel intérieur pour partager le pain et le vin de l’esprit. L'obligation de la relation consciente consiste à faire de chaque rencontre l'opportunité de la reconnaissance de Sa volonté.
Quelque chose, en nous, nous pousse constamment à entrer en relation.
La tâche n'est pas nécessairement reconnue, dans une intimité solitaire où s'entend la parole de Dieu., où se ressent la divine volonté à laquelle on peut répondre d'une façon de plus en plus éclairée et consciente.
La tâche peut aussi être reconnue lorsque, à travers la relation consciente avec l'autre, celui qu'on n'attendait pas, la divine volonté se manifeste : celle qui nous a poussés à entrer en relation avec l'autre pour qu'au cœur de cette relation Sa volonté se reconnaisse.
Le premier temple d'une telle révélation, c'est notre propre présence et sa prolongation immédiate, qui en fait le second temple par excellence, c'est la relation entre les êtres.
Le temple de la relation est aussi l'occasion de la révélation de Sa volonté, parce que c'est constamment cette volonté qui nous pousse à l’action et à la relation.
Le corps est la preuve irréfutable que nous sommes faits pour l'action.
Tout le corps est organisé pour l'action ; il n'est pas fait pour l'immobilité, il est fait pour l'action et pour la relation. Aller de façon consciente dans le sens de ce pourquoi il est fait, c'est se donner l'opportunité de la reconnaissance de Sa volonté.
Un élève vraiment sincère dans sa quête, sincère dans sa souffrance et dans sa relative compréhension de l'enseignement, sera toujours respectueux de l'enseignant.

mardi 17 mai 2011

Réaliser le témoin

Extraits de « La Voie directe : s'identifier à la conscience pure»
de Greg Goode


Pages 30 - 31

On réalise le témoin quand rien ne semble différent de la conscience pure.
On n'a plus cette impression qu'il y a la conscience pure et aussi des choses existant indépendamment d'elle. Même la violence, la maladie et la mort biologique ne semblent pas extérieures à la conscience pure. Elles ne semblent pas être des choses indépendantes faites de quelque chose d'extérieur à la conscience pure. Elles ne semblent pas mettre en danger la conscience pure.
À ce stade, la raison supérieure a pratiquement terminé sa tâche.
Le monde grossier, le monde subtil, le corps et le mental n'ont plus l'air d'exister à l'extérieur de la conscience pure. Les mondes grossiers (1) et subtils, le corps et le mental semblent constituer tout ce qui existe.
(1) Le monde grossier est le monde des objets physiques, y compris l'univers cosmologique, la terre, les rochers, les bâtiments, les arbres, les configurations du cerveau et du corps. Le monde subtil pourrait être appelé le monde des énergies, subtiles, des auras et d'entités comme les anges, les déités et les bodhisattvas, les paradis et les enfers, les vies passées et à venir, les objets et lieux oniriques. On pourrait aussi y inclure des choses abstraites comme la logique, les mathématiques, la physique quantique, la causalité, le langage, le bien, le mal, la temporalité et toutes les relations. Le mental comprend pensées, sentiments, émotions, sensations, souvenirs, valeurs et états tels qu'évanouissements, transes, samadhis, etc. Bien sûr, physiciens, chamans et comptables ne seront pas d'accord sur la composition de ces listes. Ce n'est pas grave. L'important ici c'est qu'aucun candidat au titre d'objet existant ne soit en principe omis. C'est ainsi qu'il faut voir cette liste !

Plus rien n'apparaît comme quelque chose d'indépendant, tout est fait de manifestations spontanées dans la conscience témoin.
Après avoir réalisé le témoin, on découvre que l'on n'est jamais parti de chez soi.
On n'a plus l'impression d'être né ni de devoir mourir.
Même si l'univers entier périt, vous, en tant que conscience pure, êtes toujours là.
On ne prend rien de tout cela personnellement, parce que les structures qui le permettaient paraissent n'avoir jamais existé.
On ne se sent plus le moins du monde seul, séparé ou aliéné.
On ne compare plus ses réalisations spirituelles à celles des autres.
On ne souhaite plus avoir les expériences d'autrui, puisqu'il ne semble plus que l'expérience soit quelque chose de personnel. Elle est devenue synonyme de conscience globale.

Votre expérience est totalement ouverte et délicieuse.
Votre expérience directe de chaque instant est en parfaite conformité avec les descriptions antérieures disant que la conscience pure est amour.
Ce délice n'est pas ressenti comme des manifestations de caractère agréable.
Il est beaucoup plus profond que cela.
Ce n'est pas un objet qui apparaît.
On le ressent globalement comme la source et nature mêmes des manifestations.
Même les manifestations que l'on appellerait normalement 'douleur' sont considérées comme délicieuses par ce délice lui-même. Rien n'est ressenti comme faisant exception à cette parfaite ouverture, douceur et clarté, à ce parfait amour.
C'est radical et révolutionnaire.
Et c'est votre état naturel.

mercredi 11 mai 2011

Une description...

Extrait de « Etre » de Nathan Gill


Unicité ou Être, bien qu'indivisible, pourrait être considéré comme ayant deux aspects : la conscience, et le contenu de la conscience apparaissant maintenant.
Le contenu de la conscience est constitué de toutes les différentes perceptions qui apparaissent : images visuelles, sensations, bruits, pensées, sentiments... Toutes apparaissent en ce moment dans la conscience, mais la pensée semble offrir une dimension supplémentaire : la capacité d'un apparent détournement hors de la présence pour entrer dans une histoire « moi » en tant qu'individu, entité séparée localisée dans le temps et dans l'espace.
Cette histoire « moi » est ancrée dans la pensée, et puisque la pensée n'est qu'un fragment du tableau complet, lorsque l'histoire apparaît en tant que réalité, elle est accompagnée d'un sentiment de manque. La recherche d'entièreté, de complétude, est l'histoire de la tentative visant à combler un sentiment de manque.
La quête de complétude survient de mille façons différentes, l'une d'entre elles étant la recherche de l'illumination. Et là comme ailleurs, elle se focalise inévitablement dans les limites de l'histoire personnelle, la vision partielle, psychologique de la réalité, et par conséquent ne peut déboucher sur un sentiment de plénitude durable.
Dès lors que le théâtre de la vie est perçu autrement que du point de vue psychologique - du point de vue de « mon » histoire - le tableau est non personnel, non fragmenté, libre de tout sentiment de manque. Il est probable que tout apparaisse exactement comme auparavant, mais sans la vision déformée qui le fait « mien ».

Alors que peut-il être fait pour détourner l'attention de l'histoire personnelle ?

Rien ne peut être fait, car il n'est, en réalité, aucune entité présente qui pourrait faire quoi que ce soit. L'histoire personnelle est ce qui donne l'impression d'un « quelqu'un » qui accomplit des choses, opère des choix, prend des décisions, etc, alors qu'en réalité, ce quelqu'un, ou « moi », est simplement un commentaire émergeant avec tout le reste de ce qui apparaît.
En l'absence du commentaire, où lorsque le commentaire est vu comme tel, il est tout à fait évident que tout se produit ou apparaît entièrement de soi-même spontanément. Personne ne fait quoi que ce soit.

Mais qui le voit comme un commentaire ?

Toutes les images apparaissent ou sont enregistrées au sein de la conscience. Il n'est personne, aucune entité, pour le voir. Tout ceci se produit simplement en l'Être. Le commentaire intérieur a pour effet de personnifier l'aspect conscience de l'Être, donnant l'impression d'un quelqu'un, là où en fait il n'est personne.

Le fait d'entendre qu'il n'est rien à faire peut être très frustrant tant qu'il demeure le sentiment d'un quelqu'un capable de faire quelque chose.

Oui, toutes les fois où il y a la notion d'un « quelqu'un », il y aura une impression correspondante d'agitation ou de frustration, le besoin de combler un sentiment de manque. Il se peut que la tentative de combler ce sentiment de manque prenne la forme de pratiques diverses, comme le questionnement de soi ou la méditation, ou il se peut aussi qu'entendre une simple description de tout ceci soit suffisant pour que la recherche soit vue pour ce qu'elle est réellement.

Dans les moments où survient une compréhension de ce dont vous parlez, il y a un réel sentiment de soulagement.

La compréhension peut certainement engendrer un profond sentiment de soulagement. Mais la compréhension (dans le sens où j'utilise ce mot) demeure encore quelque chose qui fait partie de l'histoire « moi ».

Mais la compréhension peut-elle également conduire hors de l'histoire, conduire à l'illumination ?

Si l'histoire est vue pour l'histoire qu'elle est, aucune compréhension ou quoi que ce soit d'autre n'est requis pour « conduire hors » d'elle.

Alors, percer l'histoire à jour, ou la disparition de l'histoire - est-ce l'illumination ?

« L'illumination » paraît être importante uniquement du point de vue du « moi ». Seule l'histoire «moi» exige l'illumination. Votre véritable nature est Être, et Être est déjà tout ce qui est (même lorsqu'il semble que cela soit ignoré) sans aucune exigence quelle qu'elle soit.

Donc, même l'apparente ignorance de Votre nature véritable est encore une expression de Votre nature véritable ?

Toute ignorance et toutes histoires ayant trait à surmonter l'ignorance sont la parfaite expression de l'Être. Il est impossible d'éviter d'Être. Quelle difficulté y a-t-il à être ? Être est toujours, indépendamment de ce qui apparaît.

Toute une variété d'enseignants prescrit des méthodes et des techniques qui semblent produire des résultats.

Oui, et tout aussi souvent, elles ne produisent pas de résultats. C'est une histoire intéressante, n'est-ce pas ?

Alors tout cela se produit comme cela se produit ? L'enseignant prescrivant une technique, les étudiants pratiquant la technique et des résultats qui surviennent ou non - sans qu'il puisse en être autrement ?

Exactement. Tout se produit entièrement de soi-même car il n'est personne en fait pour faire arriver quoi que ce soit. « Je » fais partie de ce qui se produit, il n'en est pas la cause.

Tout se passe peut-être de soi-même, et pourtant il semble souvent qu'il y ait un « moi » faisant des plans, prenant des décisions, faisant des choses.

C'est le commentaire de la pensée qui, semble-t-il, divise ce qui apparaît en un quelque chose en train d'être fait par un quelqu'un.
Mais il n'y a rien de mal à cela. Il ne s'agit pas de quelque chose qui a besoin de disparaître pour que quelque chose d'autre appelé illumination prenne le relais. S'il y a la notion « moi », c'est alors ce qui est, c'est cela qui apparaît en tant que réalité. Si cette notion « moi » est percée à jour, c'est alors cela qui est. Être est déjà le cas, quelle que soit la configuration des apparences.

Un abandon soudain et total de la notion « moi », de l'identification - quelle qu'elle soit - pourrait aussi avoir lieu, bien entendu.

Oui, cela pourrait arriver à mi-parcours de l'histoire.

Mais l'identification pourrait réapparaître ?

Peut-être la notion « moi » pourrait-elle ressurgir, mais tout va-et-vient n'est rien de plus que le jeu de la vie. En ce qui concerne Votre nature en tant qu'Être, l'absence ou la présence d'un soi personnel est sans conséquence. Être simplement est, et toutes ces apparences et survenues diverses peuvent simplement être décrites comme le divertimento cosmique. En fait, rien ne s'est jamais passé.

mardi 10 mai 2011

Florilège n°3

Extrait de « My Secret is Silence »
(Mon secret est le silence) d'Adyashanti
Traduction : Isabelle Padovani
Nota bene : ce livre n'a jamais été publié en français 


Je suis ici pour retirer vos illusions :
vos illusions de contrôle, de liberté, de "moi".
Vous pensez que vous avez le contrôle, mais vous ne l'avez pas.
Vous pensez que vous avez la liberté, mais vous ne l'avez pas.
Vous pensez que vous avez un "moi", mais vous ne l'avez pas.
***
Aussi longtemps qu'il y a un corps il y aura un sens du "moi".
Mais vous vous tenez avant ce sens du "moi".
Même s'il est là, vous lui êtes antérieur, en tant que "Je".
***
Une totale acceptation de vous-même conduit à une totale transcendance de vous-même.
***
La sagesse sans amour est comme avoir des poumons mais pas d'air à respirer.
Ne cherchez pas la sagesse en vue d'acquérir de la connaissance, mais en vue de vivre et aimer plus pleinement.
***
 Aucune personne ni aucun évènement n'a le pouvoir de vous rendre heureux ou malheureux.
***
L'amour spirituel est l'expression d'un Soi non-divisé.
***
Il n'existe rien d'autre que l'Un en relation avec lui-même.
***
Il y a quelque chose de plus profond que la souffrance et le plaisir : vouloir savoir ce qui est vrai.
***
Voici un secret : Bouddha n'est jamais né, pas plus que Bouddha n'a été absent de la naissance, la vie ou la mort.
***
A chaque moment nous exprimons ce que nous nous savons être.
Si nous nous connaissons très peu, nous exprimerons et manifesterons cette inconscience de notre nature véritable.
Si nous connaissons ce que nous sommes très profondément, nous l'exprimerons et le manifesterons dans ce que nous faisons.
C'est aussi simple que ça...

dimanche 8 mai 2011

Le Chant du Réveil



Voyage au coeur de l'instant

14 et 15 mai 2011 à Vincennes

"Le Chant du Réveil"

"Ce que vous êtes voit ce qui est, et en fin de compte, se voit lui-même..."


"Dans la ville d'Ispahan, dans une petite maison basse de terre ensoleillée, à la façade ornée d'un cadran solaire à demi effacé, vivait un homme. Une nuit, il rêva d'une ville opulente, près d'un fleuve traversé par un pont. Vers ce pont il avança et soudain fit halte, émerveillé, au pied de la première borne. Là était, dans un grand coffre ouvert, un prodigieux trésor de pièces d’or et de pierres précieuses. Enterré sous un arbre, à l'autre bout du monde, dans cette cité magnifique. Tandis qu'il contemplait ce mirifique trésor, il entendit une voix qui disait "- Tu es ici dans la grande cité du Caire, en Egypte. Ces biens, ami, te sont promis". Il se mit aussitôt en route en quête de ce trésor merveilleux, bravant mille dangers, traversant moultes contrées, vivant péripétie sur péripétie. Enfin, après un long voyage, il arriva enfin dans la cité de son rêve, et trouva le pont, et la borne. Il courut vers elle, les mains déjà tendues à la fortune, mais presque aussitôt se prit la tête en gémissant. Là n’était qu’un mendiant, qui lui tendit la main en quête d’un croûton de pain. De trésor, pas la moindre trace. Alors notre coureur de songes, à bout de force et de ressources, désespéra. “A quoi bon vivre désormais, se dit-il. Plus rien de souhaitable ne peut m’advenir en ce monde.” Le visage baigné de larmes, il enjamba le parapet, décidé à se jeter dans le fleuve. Le mendiant le retint par le bout du pied, le ramena sur le pavé du pont, le prit aux épaules et lui dit :
- Pourquoi veux-tu mourir, pauvre fou, par un si beau printemps ?
L’autre en sanglotant lui raconta tout : son rêve, son espoir de trouver un trésor, son long voyage. Alors le mendiant se prit à rire à grands éclats, se frappa le front de la paume, et désignant alentour comme un bouffon faramineux :
- Voilà bien le plus parfait idiot de la terre dit-il. Quelle folie d’avoir entrepris un voyage aussi dangereux sur la foi d’un rêve ! Je me croyais d’esprit malingre, mais après toi, bonhomme, je me sens sage comme un sain derviche. Moi qui te parle, toutes les nuits, depuis des années, je rêve que je me trouve dans une ville inconnue. Son nom est, je crois Ispahan. Dans cette ville est une petite maison basse de terre ensoleillée, à la façade pauvrement ornée d’un cadran solaire à demi effacé. Devant cette maison est un champ de cailloux, au bout de ce champ une source et un figuier. Toutes les nuits, dans mon rêve, je creuse un trou profond au pied de ce figuier, et je découvre un coffre empli à ras bord de pièces d’or et de pierres précieuses. Ai-je jamais songé à courir vers ce mirage ?
Non. Je suis, moi, un homme raisonnable. Je suis resté à mendier tranquillement ma pitance sur ce pont fort passant. Songe, mensonge, dit le proverbe. Où Dieu t’as mis tu aurais dû demeurer. Va, médite et sois à l’avenir moins naïf, tu vivras mieux.
Le paysan, à la description faite, reconnut sa maison et son figuier. Le visage tout à coup illuminé, il embrassa le mendiant éberlué par cet accès subit d’enthousiasme et retourna à Ispahan, courant et gambadant comme un homme doué de joie inépuisable. Arrivé chez lui, il ne prit même pas le temps d’ouvrir sa porte. Il empoigna une pioche, creusa un grand trou au pied de son figuier, découvrit au fond de ce trou un immense trésor..."
(Conte Soufi)
Nous sommes comme ce rêveur qui cherche un trésor en une contrée lointaine, alors qu'il a toujours été là où il se trouvait... Cependant, même si nous "savons" cela, nous continuons à ne pas trouver ce trésor, soit parce que nous en avons une fausse idée, soit parce que nous faisons une confusion entre rêve et réalité, rêveur et rêvé... Et même lorsque nous avons réalisé ce qu'est et où se trouve le "trésor", il nous semble encore qu'il nous échappe parfois...Le trésor dont il est ici question est la réalisation que nous ne sommes pas ce que nous croyons être : la Conscience joue à s'oublier en un "moi" dans lequel elle s'amuse à s'identifier... puis, à un moment donné, elle se dévoile à elle-même...
 Si cette phrase nous interpelle, si ce thème nous intéresse, c'est que la Conscience, en nous, a commencé son chemin du retour vers la révélation d'elle-même. Les étapes de ce chemin du retour sont décrites dans les images colorées du Tarot...
                 

Le livre d'images du Tarot est un de mes compagnons de route depuis une vingtaine d'années : j'aime voir chacun de ses arcanes comme l’illustration précise d'un mouvement de conscience particulier permettant de se "réveiller" de l’identification erronée à nos sensations, émotions et pensées...
Le Mat et les arcanes XV à XXI nous invitent tout particulièrement au retournement de notre attention en vue de vivre l’expérience directe de notre nature véritable.
Au fil des arcanes, seront partagés les "moyens précieux" permettant d'exercer les deux grandes capacités de la conscience, l'attention et l'ouverture, l'intention du stage étant de partager les "moyens habiles" permettant de nous réveiller de l'illusion de l'identification au corps-mental.

Programme des pratiques de ce week-end :
 
- les 7 clefs sonores (kototama, "mots-âmes") des 7 arcanes XV à XXI,
permettant de favoriser l'expérience directe de notre nature véritable.
 
- sera également transmis et pratiqué l'ordre des "rythmes-pères"
permettant d'altérer le conditionnement mental habituel, pour perce-voir la réalité de Ce Qui Est.
.

Stage ouvert à tous, sans aucun pré-requis :

il reste encore des places !

Télécharger le bulletin d'inscription :
 

ou
S'inscrire en ligne : 



Stage animé par Isabelle Padovani


Ce stage aura lieu au Centre Arkanciel, 17 avenue de Paris, à Vincennes.

Le montant des frais de participation est de 190 € pour le week-end.

Horaires :
   de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h00 le samedi
                        de
09h30 à 12h30 et de 14h00 à 17h30 le dimanche
Pour tous renseignements complémentaires :
06 86 59 57 16

Je suis et je ne suis pas

Article du site « Propos sur la non-dualité et l'unicité absolue » de Monko

Photo et oeuvre d'Andy Goldsworthy

Je ne suis pas arrivé, je ne vois nul lieu ni état ni vérité à atteindre, et je ne suis jamais parti, car je n'ai jamais eu aucun point d'ancrage d'où m'élancer, aucun appui, aucun support d'où exercer une pression, avec le corps, la pensée, les sens...
L'arrivée et le départ, le gain et la perte, la naissance et la mort, la création et la destruction sont en réalité un seul et même point où l'impossibilité absolue qu'il se passe la moindre chose vire immanquablement à un débordement d'activité, cette unité qui vire au débordement majestueux et sensuel de l'altérité, cette immobilité absolue de l'univers qui ne vibre que d'un incessant mouvement...

Vous comprenez, je ne crois pas plus qu'il y ait quelque chose plutôt que rien ou qu'il y ait rien plutôt que quelque chose; je ne crois pas plus qu'il n'y ait personne plutôt que quelqu'un, et inversement; je ne crois pas plus que quelque chose puisse être faux plutôt que vrai ou inversement ; je ne crois pas que la conscience puisse être impersonnelle, intemporelle, pas plus et pas moins qu'elle ne puisse être personnelle et temporelle, et à cet instant tout en moi crie en silence que les deux sont un ; et je ne crois pas plus que ce qu'on nous dit apparaître et disparaître en elle puisse être à son tour personnel et temporel, et inversement ; et je ne vois nulle distinction entre la conscience et son objet ; je ne crois pas plus en une Conscience qui soit continue, éternelle et désincarnée, pas plus que si elle était impermanente, allant et venant et incarnée...

Je ne crois plus en cette spiritualité sèche, bourgeoise et étonnament patriarcale, cette glorification de la sagesse et de la Conscience "en arrière-plan" éternelle que nous serions et qui verrait, sans en être affectée, aller et venir le monde. Cette spiritualité suinte encore la peur, la peur du féminin, la peur du vivant, de l'intimité, de la pensée, du corps (ce sac de merde...imaginez un peu). Parce que "tout est Conscience" est égal, pour moi, à "tout est corps", à "tout est pensée", à "tout est sens". Et c'est ainsi que tout est amour.

Je ne crois pas à ce que la manifestation puisse aller et venir dans la Conscience, mais je ne crois pas non plus que cette impossibilité soit impossible. La compréhension que Conscience soit "en tant" que tout ce qui est n'empêche nullement qu'il puisse se dévoiler l'expérience d'une conscience "consciente de ce qui est", mais la compréhension n°2 ne peut englober la première. La compréhension n°2 vue comme absolue n'est ni plus ni moins qu'une spiritualité mal digérée, pas aboutie, qui a encore quelque chose à enseigner, à atteindre, à faire comprendre, à transmettre. Mais la beauté, c'est qu'elle a encore quelque chose à perdre.

Et moi ? Je suis comme un amoureux qui a fini par perdre l'objet de son amour, qui s'est libéré de lui ; conscience libérée de la conscience, corps libéré du corps, pensée libérée de la pensée, sens libérés des sens, perception libérée de la perception, monde libéré du monde. Tout ceci n'est pas moi et n'est pas autre.

Alors la Conscience ? Je ne vois rien d'autre et je ne sais pas ce que c'est. Pourtant sa nature m'éclabousse au moindre regard, dans la moindre sensation... Je suis la sensation et libre de la sensation. C'est un mystère, mais un mystère sans peur.

Je ne suis pas dans l'advaïta, dans le christianisme, dans le soufisme, dans le zen... Quel ennui... Et pourtant, tout cela existe en moi, à l'état de vaste débordement, de vaste évidence, d'amour sans objet, si on veut... Je pourrais encore en dire tant là-dessus... Mais voyez-vous, tout en laissant une folle passion écrire ceci, je ne trouve aucun intérêt particulier ou personnel à tout ceci. Même à ceci je n'accorde aucune croyance, et je ne m'intéresse pas au vrai ou au faux.
Mais le vivant, intensément, doit éclore et éclabousser, maintenant.
Si c'est le corps, si c'est la pensée, si c'est le travail, ce ne peut être que le Vivant, sans naissance, sans extinction. M'étant perdu, je suis en une forme d'éternel Devenir, mais libéré du temps, de la psychologie, sans recherche. Ayant perdu l'objet (et le sujet) de mon amour, mon amour n'a plus rien à perdre, bien qu'il perde et retrouve sans cesse.
Oh ce divin mystère... Jamais il ne fut découvert : qui aurait ce fou désir ? La vie est et n'est pas exactement au même instant. Qui pourra comprendre ça ? Quel sage, quel prophète, quel messie ? Quel est l'ignorant qui va lever le doigt pour dire "moi!" ?
Celui qui ne trouve pas son contentement dans son ignorance fondamentale, dans son ignorance ouverte, ne peut connaître la sagesse, et celui qui ne sait pas qu'il ne peut pas aimer ne trouvera jamais l'Amour, l'Amour sans demeure.

Alors que faire ou pas faire ?
Mais je n'en sais strictement rien, je ne suis ni enseignant ni policier.
Néanmoins ceci : faites ce que vous avez à faire, avec passion, intensité, amour, folie pourquoi pas, raison, bon et mauvais sens ; mangez, buvez, dormez, travaillez, méditez si vous en avez la fantaisie (mais fantasmez sérieusement alors!!), avec un intérêt qui dépasse votre propre psychologie : buvez comme si c'était votre premier et dernier verre, dormez ou effectuez un travail comme si c'était la première fois et la dernière.
Après vous être trouvé dans la Conscience sans objet, perdez vous dans la totalité, à chaque instant.
Je veux dire, ne le faites pas, mais si le parfum de cela vous touche, c'est parfait.
Sinon, c'est parfait aussi...