Retrouvez des textes et des vidéos inédites quotidiennement sur ma page Facebook
et toutes mes vidéos sur ma chaîne YouTube
Découvrez le programme de mes activités sur mon site portail !
Affichage des articles dont le libellé est Nicole Montineri. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nicole Montineri. Afficher tous les articles

mardi 14 février 2012

Un océan d'amour

Extrait de « Déraciner la souffrance »
de Nicole Montineri

Nous évoluons dans un océan d’amour et cependant nous percevons à peine sa puissante vibration qui soutient, pénètre et enveloppe tout ce qui vit.
C’est dans le silence qu’elle s’entend, lorsque l’esprit conditionné est suspendu dans l’espace intérieur vide et néanmoins plein du mouvement de l’énergie cosmique. Cette énergie est l’intelligence de la vie, qu’on peut appeler Dieu, l’Absolu, le Principe divin…
Elle est contenue dans chaque cellule, dans chaque particule qui nous constitue et nous entoure. Nous croyons que l’amour est un sentiment exclusif à l’égard d’une personne, qu’il émane de notre propre cœur. Or, tout ce qui apparaît est l’amour, même si notre pensée l’interprète comme absent. Il ne se limite pas aux êtres humains, mais englobe toutes les formes de vie, sans condition. Il est le mouvement de la conscience qui contient l’univers.
Nulle part et jamais nous ne pouvons être hors de l’amour.
Tout est parcouru de cette seule et unique énergie intelligente.
Nous en sommes abondamment remplis dès que nous nous ouvrons à tout ce qui est, lâchant l’ego qui se trouve emporté par ce flot puissant. Fin de notre isolement.
Aucune souffrance ne peut dès lors s’installer. Chacune de nos paroles, chacun de nos gestes et de nos actes ainsi mus par le mouvement consciemment accueilli et reflété voyagent loin dans l’espace et transcendent le temps.
Notre dignité est de témoigner de la présence lumineuse de cette énergie.
Un infini courant parcourt celui qui accepte de s’y relier en toute conscience.
Il est alors ce flot vibrant qui imprègne chaque chose.
Où est désormais la violence exercée contre soi-même et contre les autres ?
L’amour exprimé est notre éveil à l’unité de la vie.
Rien dans ce monde ne peut plus nous blesser. Nous avons rejoint notre part éternelle, l’élan spontané de la vie, sans commencement ni fin, la puissance fécondante qui s’accomplit en elle-même. Il n’existe aucune frontière à cette énergie, nous vivons en elle, nous y sommes reliés substantiellement. C’est notre énergie. C’est la Vie.
Lorsque l’esprit est dégagé de ses conditionnements, de ses identifications, de ses projections et de ses attentes, bref, de tout ce tumulte qu’il génère, il permet à l’énergie de s’écouler en abondance dans le vaste espace qu’il laisse se dévoiler.
Le courant profond de la vie, à la fois tendre et exigeant, commence à œuvrer puissamment. Notre attitude détendue le laisse nous traverser sans résistance et nombre de choses peuvent alors survenir… Nous continuons d’utiliser le moi, mais nous n’y sommes plus enchaînés avec l’espoir vain d’y trouver la sécurité.
L’inattendu au cœur de chaque instant devient source de joie, d’émerveillement, et non plus cause de peurs. Nous savons que la vie dispose de toute chose et c’est avec une confiance totale que nous nous en remettons à elle.
Nous n’avons plus rien à prouver, nous ne nous approprions plus rien. Il n’y a plus que ce qui est : la vie dans son intégralité, qui n’est ni facile ni difficile, qui est paix.
Sans un dépouillement intérieur, sans une nudité d’esprit – qui est parfois le fruit de nos blessures – nous ne pouvons être remplis de cette paix."

samedi 9 avril 2011

Oui, la souffrance a une fin

Extrait d'un article de Nicole Montineri
publié dans le n° 99 de la revue 3eme Millénaire


Aucun événement qui survient n'est en lui-même souffrance, pas même la grave maladie ou le handicap. Toutes les circonstances de la vie sont l'occasion d'une silencieuse découverte de la paix inhérente à chaque expression de la réalité. C'est notre regard alourdi par nos pensées et nos émotions qui est porteur de souffrance. Nous sommes incapables de poser sur les événements une attention profonde et aimante. Nous aimerions tellement que la réalité soit autre !
Par exemple, dès que notre corps devient faible ou douloureux, notre esprit génère aussitôt une angoisse due à notre identification au corps à la peur de ne plus pouvoir contrôler notre vie comme nous l'entendons. Nous regrettons l'état de santé antérieur, nous imaginons le pire et nous nous infligeons une fuite ou une bataille désespérée devant ce qui est.
Vouloir guérir à tout prix est signe que nous refusons le changement, l'impermanence au sein de tout phénomène. Pourquoi le corps, qui n'est rien d'autre qu'une forme apparente et limitée de notre être véritable, ne connaitrait-il que l'état de santé ?
Même dégradé, il est un moyen par lequel la vie s'expérimente, avec une finesse de perception qui va bien au-delà de cette forme. Il s'agit de l'accepter changeant, d'admettre sa dégradation, de l'aimer aussi et, bien sûr, de le soigner. A notre mort, l'abandon de ce corps vient nous rappeler que seule la conscience demeure, de toute éternité.

C'est lors d'une grave maladie, tandis que je me tenais dans un état de disponibilité totale, sans attente de quoi que ce soit, que j'ai pu découvrir la réalité de notre nature véritable. Mon corps sur le point de périr fut l'instrument par lequel l'énergie cosmique investit ma conscience, la déploya jusqu'à ce qu'elle se fonde dans l'espace infini.
Nous avons tous la capacité de percevoir la maladie exactement telle qu'elle s'exprime à travers ses symptômes, sans l'interférence de pensées parasites.
Nous pouvons tous comprendre la maladie, c'est-à-dire la prendre en nous, l'intégrer, afin d'abolir tout conflit, toute dualité, source de souffrance.
La lutte, l'attente obstinée de la guérison provoquent tensions et angoisses.
Allégeons-nous, apaisons ce qui en nous recherche un but, ne nous attachons pas à notre douleur, nous ne sommes pas elle. Il existe une dimension qui n'est jamais dégradée.
Au niveau absolu, celui de notre véritable nature, la maladie n'existe pas. Il n'y a rien à guérir.

Sur le plan de notre destinée terrestre, la maladie nous offre l'occasion d'avoir une générosité d'abandon de soi, sans condition, sans exigence. Nous ne la voyons plus alors comme une manifestation pénible, mais comme une invitation à creuser au plus profond de la vie, à découvrir son sens au plus intime de notre être. Nous ne voyons plus seulement la déchéance physique mais notre véritable nature qui se tient derrière, intacte, vide de toute croyance en une souffrance.
Quelle que soit l'évolution de la maladie, nous acceptons qu'elle fasse partie de notre voyage terrestre car nous savons que notre nature fondamentale demeure inchangée.
Ainsi vue, la maladie développe notre capacité de patience, de douceur, de sagesse, de compassion envers tous ceux qui souffrent.Elle a un sens profond, comme chaque chose que nous expérimentons ici. La maladie est toujours porteuse d'un message qui nous indique une voie de transformation, de réajustement à ce que nous sommes ou de libération de notre identification au corps. Quelle que soit la dégradation de celui-ci, ne nous sentons pas misérables, car nous sommes aimés tels que nous sommes... La douleur physique est une réaction nerveuse et nous disposons maintenant de moyens pour l'adoucir. La douleur psychologique survient lorsque nous nous accrochons à notre petit tas personnel d'accumulations, constitué de savoirs et d'expériences que nous avons fait nôtres, et que nous nous opposons à tout ce qui vient le déranger.
Il faut parfois de nombreux coups pour que nous acceptions d'être dérangés et de nous interroger sur l'origine et la nature de notre souffrance. Ce que nous appelons épreuve nous est proposé pour nous sortir de notre torpeur, nous bousculer dans nos certitudes, nous arrêter dans nos conquêtes extérieures et nous placer sur la voie qui mène à soi.

Les événements sont parfaitement accordés à ce que nous devons vivre, à notre intériorité, mais par notre incompréhension, nous préférons fuir ou nous isoler, nous replier sur nous-mêmes ou nous révolter. L'épreuve est une proposition d'ajustement ou de dépouillement qui nous est faite, mais nous l'accueillons rarement comme une invitation à nous transformer, à faire retour sur ce que nous sommes véritablement. Nous ne la comprenons pas car nous voulons y échapper, en comptant sur un sauveur ou un idéal, en nous étourdissant dans les distractions, en nous réfugiant dans le travail ou en sombrant dans une névrose...
Alors la souffrance finit par engourdir notre esprit, insensibiliser notre cœur.
Nous nous y habituons et devenons indifférents, autant à notre propre souffrance qu'à celle des autres. Nous ne la reconnaissons plus et nous nous fermons à toute compréhension profonde de ce qu'elle est, et donc à toute possibilité de nous en libérer.

Car oui, la souffrance a une fin, et sa fin donne la paix...
Elle se trouve dans sa rencontre, dans son contact direct, sans l'intermédiaire d'un moi séparé qui la rejette ou l'accepte. Si je peux comprendre ce qu'elle est véritablement, c'est-à-dire l'intégrer totalement, la regarder sans division, sans la verbaliser, sans émettre de jugements dessus, l'esprit complètement vide à son sujet, elle se dissout. Dans le contact direct avec elle, sans fuite, sans évasion, sans explications ni espoirs non plus, sans tout ce processus mental complexe qui se met en route, il n'y a plus de place pour la peur. C'est cela, la vraie libération, et non le refuge dans des solutions superficielles qui ne satisfont que nos ego.

La vie nous manifeste sans cesse son amour, même à travers le pire des malheurs.
Mais nous, nous avons pris l'habitude de sélectionner ce qu'elle nous offre, nous lamentant si elle ne satisfait pas nos désirs égotiques...
Il s'agit d'arriver à nous abandonner à son énergie de compassion, avec une confiance absolue en tout ce qu'elle nous présente.
Il n'est pas d'autre intelligence.

dimanche 13 mars 2011

S’insérer dans le flux de la vie

Extrait de « Déraciner la souffrance »
de Nicole Montineri


Il n'y a rien que le moi puisse faire, si ce n'est s'insérer dans le flux de la vie, accueillir le mouvement, consentir au changement.
Dans ce lent processus d'effacement, il s'allège du poids des désirs innombrables après lesquels il court et qui ne donnent à l'existence que le sens qu'amène leur satisfaction.
Car c'est cette entité en perpétuelle attente de plaisirs qui fait paraître les événements agréables ou douloureux en fonction de ses aspirations et qui crée les réactions émotionnelles en corrélation.

La voie des désirs - y compris celui de se débarrasser de l'ego - est la même que celle de la souffrance.
Tout est lié : nos souffrances sont centrées sur le moi et sa recherche permanente de plaisirs, sur cette image que chacun de nous crée de peur de n'être rien.
Il nous faut découvrir qui est ce moi, suivre ses méandres compliqués, pénétrer ses voies contradictoires, comprendre que sa poursuite sans fin de tant de désirs est la quête dramatiquement faussée du sens véritable de la vie.

Aussi longtemps que nous construisons notre existence autour de la recherche et de la jouissance de plaisirs sensuels, matériels et spirituels, nous souffrons.
Si nous parvenons à comprendre qui est ce paquet de souvenirs qui s'accroche aux expériences agréables et donne vie à toutes les projections, la souffrance se dissoudra d'elle-même.

Observer et comprendre ce moi revient à découvrir les racines de la souffrance.
Elles ne sont pas à rechercher à l'extérieur, contrairement à ce que nos habitudes mentales nous poussent à faire. La souffrance vient du moi, c'est lui qui est à l'origine de cette manifestation.
Même si nous sommes persuadés que nous sommes innocents chaque fois que nous souffrons, même si nous croyons que nos tourments sont apportés par les expériences désagréables qui surviennent dans notre destinée, la souffrance ne vient jamais de l'extérieur.
Aucun dieu, aucune religion, aucun enseignant spirituel ou psychothérapeute ne peut donc nous en libérer.
La souffrance disparaît d'elle-même lorsque le moi, ce centre qui se condamne lui-même aux tourments en refusant obstinément tout ce qui peut contrarier ses désirs, est compris.

« Tant que tu ne te libéreras pas de ton vouloir, tu auras beau fuir, tu retrouveras partout obstacles et inquiétudes », dit Maître Eckhart.