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vendredi 12 août 2011

Face à la mort


J'ai été touchée d'apprendre la mort d'Arnaud Desjardins (18 juin 1925 - 10 août 2011) et cela m'amène à vous partager ce texte écrit par Gangaji en 2002 après la mort d'un de ses amis.


Vous mourez en ce moment même.

Tout ce que vous pensez être est en train de mourir maintenant.

Vous-même, en tant que corps individuel, en tant que monde, en tant qu'expérience, vous mourez en ce moment.

Plusieurs morts surviennent tous les jours.

Il y a la mort de chaque moment, et la mort tous les soirs quand le sommeil vous prend.

Il y a mort quand une relation se termine ou quand un enfant quitte la maison.

Cependant la mort dont je veux vous parler est la mort physique.

Dans notre culture, cette mort est généralement celle qu'on évite le plus, ce qu'on nie le plus.

Nous sommes tellement terrifiés par elle, tellement effrayés de n'être rien.

Bhavo est mort. Il est parti tranquillement dans son sommeil, alors que trois amis étaient auprès de lui et que j'étais en route pour aller le voir. Cela a été si précieux, un tel cadeau d'être avec lui les semaines avant qu'il meure et ce matin-là d'accompagner son corps dans la mort. Ce n'était pas là une théorie sur la mort, c'était vraiment d'être dans la chambre avec la mort. La mort qui s'approche, qui s'approche clairement, et puis la mort là, présente, s'emparant de l'énergie de vie. C'était d'être avec un corps quand rien n'y est fait pour l'embellir, quand il a la pâleur de la mort. Juste la vérité crue de la mort de la forme. Accepter d'être en présence de la mort nue, non déguisée, révèle l'absolue, l'indéniable beauté et la présence de ce qui est éternellement vivant. Bhavo a donc disparu, ce que nous connaissions de la forme de Bhavo n'est plus. Son corps a été incinéré et maintenant il est réduit en cendres; il a disparu. Nous aurons tous des souvenirs de Bhavo, des souvenirs de sa charmante personnalité, de ses sautes d'humeur, de toutes les dimensions de ce qu'était Bhavo.

La présence qui animait sa forme est exactement la même présence qui anime votre forme, qui anime toute forme. S'éveiller à soi-même en tant que cette présence, c'est accepter d'affronter la mort dans toutes les formes, y compris ce que vous appelez votre propre forme. Il a laissé un cadeau immense à ceux d'entre nous qui ont accepté de l'accompagner dans ses souffrances physiques jusqu'à la fin. Il y avait quelque chose de très précieux dans sa mort, parce qu'il savait qu'elle approchait. Il ne niait pas la mort. Cela ne veut pas dire qu'il ne combattait pas la maladie ; il s'est battu, faisant tout ce que lui et ses médecins pensaient possible. Il ne s'agit pas de ne pas combattre la maladie. Il s'agit de savoir que vous combattez la maladie tout en sachant que la mort viendra à son heure. Et d'avoir la capacité, comme Bhavo l'a eue, de faire face à sa propre fin. Quand il a entendu les mots :« Nous avons perdu la bataille, le combat est terminé », le lendemain matin il était mort.

Plusieurs personnes viennent à la recherche spirituelle pour obtenir quelque chose, mais la vraie réalisation spirituelle est atteinte par l'abandon conscient de tout. Que signifie de tout perdre ? Dans la mort, nous perdons tout : nos familles, nos amoureux, notre histoire, notre passé, notre futur. En acceptant de tout perdre consciemment, la vérité de soi-même est révélée.

Heureusement, Bhavo n'a pas eu à attendre que la maladie s'empare de son corps pour affronter cette perte.

Ainsi il a pu mourir libre, il a pu mourir en paix, perdant quelque chose de très précieux, mais gagnant plus encore que tout ce qui puisse être perdu. Il m'a semblé que ceux d'entre nous qui étaient avec lui ce jour-là, avec son cadavre couleur de cendres, ont ressenti une inconcevable, une incompréhensible joie d'être. Bhavo, dans sa mort, a été un cadeau pour nous. En vérité, il avait été un cadeau pour nous longtemps avant, parce qu'il avait fait face à la mort bien avant que la mort physique ne vienne. Sa vie comme sa mort ont été finalement, relativement et absolument le même cadeau.

Nous allons tous mourir un jour ; il n'y a pas de naissance sans mort.
Cependant, en ce moment même vous avez l'occasion d'affronter la mort avant que votre corps ne meure, de reconnaître votre amour pour le corps, votre attachement à la forme physique et de laisser cet attachement mourir. C'est le fait de s'identifier à tort à la forme physique qui doit mourir. Et, à travers cette mort, vous vous éveillez à la vérité de ce que vous êtes véritablement. Si vous acceptez de vous arrêter un seul instant et de mourir à cet attachement, il est possible qu'il vous reste au moins un peu de temps pour découvrir ce à quoi ressemble la vie quand on a fait face à la mort. Alors vous pourrez passer le reste de votre vie à partager votre découverte avec les autres. Il y a une telle faim, une telle soif du nectar qui vient de cette reconnaissance.

Pour mourir de cette façon, il faut d'abord découvrir le mécanisme de la résistance.

Par exemple, quelle est la pensée sur laquelle repose la croyance que « je ne peux pas affronter la mort tout de suite ? » La résistance à faire face à la mort vient de la pensée effrayante qui dit « je n'existerai plus. » Je comprends cette peur.

Plusieurs l'ont dit, et je le dis moi aussi : « Vous êtes l'existence même. »

Je ne vous demande pas de croire ce que je dis, mais je vous encourage à vraiment faire face à la peur de ne pas exister, à plonger dans l'idée inconcevable que vous puissiez ne pas exister.

Généralement, nous nions cette possibilité, mais de l'explorer véritablement, de se demander « qui ou qu'est-ce qui n'existera pas ? », voilà ce qu'est la recherche de soi (Self-Inquiry).

On peut dire que vous êtes la Conscience Rayonnante, que vous êtes la Lumière, la Vérité, Dieu ou la Beauté. Cependant, il vous faut vous reconnaître vous-même comme tel, pour vous-même.

Êtes-vous le corps ? Je sais que le corps est de toute évidence imprégné de vous, je ne dis donc pas que vous êtes séparé de votre corps.

Êtes-vous prêt à accepter de mourir dès maintenant, d'être mort à la personne que vous étiez, d'être mort à celle que vous pensez être et à celle que vous pensez devenir?

Maintenant, que reste-t-il ?

vendredi 5 août 2011

Psychologie de la colère

Extrait du livre « L'épée et le lotus»
d'Osho

La psychologie de la colère est : vous vouliez quelque chose et quelqu'un vous a empêché de l'obtenir. Quelqu'un a agi comme un blocage, comme un obstacle. Toute votre énergie visait à obtenir quelque chose et quelqu'un a bloqué l'énergie. Vous ne pouviez pas obtenir ce que vous aviez voulu. Cette énergie contrecarrée devient colère… colère contre la personne qui a détruit la possibilité d'accomplir votre désir.
Vous ne pouvez pas empêcher la colère, parce qu'elle est un effet indirect; mais vous pouvez faire quelque chose d'autre de sorte que cet effet indirect n'ait pas lieu du tout.

Dans la vie, rappelez-vous d'une chose; ne désirez jamais quelque chose si intensément que cela devienne une question de vie ou de mort. Soyez un peu enjoué.

Je ne dis pas : ne désirez pas ; cela deviendrait alors une répression en vous. Je dis plutôt: désirez, mais laissez votre désir être enjoué. Si vous pouvez réaliser votre désir, parfait; si vous ne pouvez pas le réaliser, peut-être n'était-ce pas le bon moment; on verra la prochaine fois. Apprenez quelque chose de l'art du joueur.
Nous devenons si identifiés avec le désir qu'ensuite, lorsqu'il est stoppé ou empêché, notre propre énergie devient feu; elle nous brûle et dans cet état de presque folie, nous sommes capables de n'importe quoi dont nous allons ensuite nous repentir. Cela peut créer une série d'événements dans lesquels toute votre vie peut s'empêtrer, c'est pour cette raison que depuis des milliers d'années, ils répètent: "Devenez sans désir".
En vérité, c'est exiger là quelque chose d'inhumain. Même ceux qui vous ont enseigné le "Devenez sans désir" vous ont donné là un motif, un désir; si vous devenez sans désir, vous parviendrez à la liberté suprême; moksha ou nirvana. Cela aussi est un désir.
Vous pouvez réprimer un désir en faveur d'un désir plus grand, en oubliant tout à fait que vous êtes toujours la même personne. Vous avez seulement changé de cible. Pour sûr, il n'y a pas beaucoup de personnes qui essayent d'obtenir moksha ; aussi, vous n'aurez pas beaucoup de concurrence. En fait, les gens seront très heureux que vous ayez commencé à aller vers moksha ! Un concurrent de moins dans la vie ! Mais en ce qui vous concerne, rien n'a changé. Et si une chose ou une autre dérange votre désir pour moksha, votre désir de libération, la colère s'enflammera de nouveau et cette fois-ci, elle sera beaucoup plus grande parce que maintenant le désir est beaucoup plus grand. La colère est toujours proportionnelle au désir.

J'ai entendu une histoire…
Il y avait, dans la forêt, trois monastères, des monastères chrétiens ; très proches les uns des autres. Un jour, trois moines se rencontrèrent au carrefour. Ils revenaient des villages et allaient vers leurs monastères; chacun appartenait à un monastère différent. Ils étaient fatigués; ils s'assirent sous les arbres et commencèrent à parler de tout et de rien pour passer le temps.
L'un dit: "Une chose que vous devez reconnaître, c'est qu'en ce qui concerne l'érudition, l'étude, notre monastère est le meilleur".
Un autre moine répliqua: "Je suis d'accord, c'est vrai. Vous autres êtes beaucoup plus savants, mais en ce qui concerne les austérités, la discipline, la formation spirituelle, vous arrivez loin derrière notre monastère; et souvenez-vous, l'érudition ne sera pas capable de vous aider à comprendre la vérité. Il n'a que la discipline spirituelle pour cela, et nous sommes les meilleurs dans le domaine de la discipline spirituelle".
Le troisième moine prit la parole: "Vous avez tous les deux raison. Le premier monastère est le meilleur dans l'étude, l'érudition. Le deuxième monastère est le meilleur pour ce qui est de la discipline spirituelle, des austérités, du jeûne; mais en ce qui concerne l'humilité, le sans ego, nous sommes les champions".
L'humilité, le sans ego... l'homme semblait être absolument inconscient de ce qu'il disait : "En ce qui concerne l'humilité, le sans ego, nous sommes les champions".
Même l'humilité peut devenir une prise de pouvoir de l'ego. Le sans ego peut devenir une prise de pouvoir de l'ego. L'on doit être très attentif. Vous ne devriez pas essayer d'arrêter la colère; vous ne devriez, en aucun cas, tenir la colère sous contrôle, sinon elle vous brûlera, elle vous détruira. Ce que je dis est: vous devez aller aux racines.

La racine est toujours un désir quelconque qui a été bloqué et la frustration a créé la colère. Ne prenez pas les désirs très au sérieux; ne prenez rien au sérieux.

Il est regrettable qu'aucune religion dans le monde n'ait accepté le sens de l'humour comme l'une des qualités de base de l'homme religieux. Je veux que vous compreniez que le sens de l'humour, le fait d'être enjoué, devrait être la qualité fondamentale. Vous ne devriez pas prendre les choses si sérieusement, alors la colère ne surgira alors pas. Vous pouvez simplement rire de tout cela; vous pouvez vous mettre à rire de vous-même. Vous pouvez rire de situations dans lesquelles vous vous seriez mis en colère et devenu fou de rage.
Utilisez le sens du jeu, le sens de l'humour, le rire. C'est un vaste monde; il y a des millions des gens et chacun essaie d'arriver à quelque chose. Il est très naturel que parfois les gens interfèrent entre eux. Non qu'ils le veuillent, mais la situation le crée; c'est accidentel.

J'ai entendu parler d'un mystique Soufi - Junnaid ; qui chaque jour dans la prière du soir avait l'habitude de remercier l'existence pour sa compassion, pour son amour, pour ses attentions.
Il arriva une fois qu'après trois jours de voyage Junnaid et ses disciples entrèrent par hasard dans des villages où les gens étaient très hostiles envers Junnaid, parce que selon eux, son enseignement n'était pas exactement celui de Mohammed. Son enseignement semblait venir de lui-même et "il corrompt les gens".
Donc, des trois villages ils ne reçurent aucune nourriture, pas même de l'eau. Le troisième jour, ils étaient vraiment en mauvais état. Les disciples pensaient: "l'on va bien voir maintenant ce qui se passe dans sa prière. Comment peut-il dire maintenant à l'existence "tu es compatissante, ton amour est là ; tu prends soin de nous et nous t'en sommes reconnaissants" ? Mais quand vint le moment de la prière, Junnaid pria comme de coutume. Après la prière, les disciples lui dirent: "C'en est trop, pendant trois jours nous avons subi la faim, la soif; nous sommes fatigués, nous n'avons pas dormi et pourtant tu dis à l'existence: "tu es compatissante, ton amour pour nous est grand et tu prends tant de soin de nous que nous t'en sommes reconnaissants".
Junnaid répondit: "ma prière ne dépend d'aucune condition; ces choses sont ordinaires. Que j'obtienne ma nourriture ou pas, je ne veux pas déranger l'existence avec cela; une si petite chose dans un si vaste univers. Si je n'obtiens pas d'eau... même si je meurs, cela importe peu, ma prière restera la même. Car dans ce vaste univers... cela ne fait aucune différence si Junnaid est vivant ou mort".

C'est ce que je veux dire lorsque je dis: ne prenez rien au sérieux… pas même vous-même; vous verrez que la colère ne s'est tout simplement pas déclenchée.

Il n'y a plus de possibilité de colère - elle est certainement l'un des grands gaspillages de votre énergie spirituelle - si vous pouvez réussir à être ludique avec vos désirs et néanmoins être toujours le même dans la réussite comme dans l'échec.
Commencez simplement à penser à vous-même avec plus d'humour… rien de spécial ; vous n'avez pas à être victorieux, à toujours réussir dans chaque situation. C'est un vaste monde et nous sommes des petites personnes.
Une fois que cela s'installe dans votre être, alors tout est acceptable. La colère disparaît et sa disparition vous apportera une nouvelle surprise, parce que lorsque la colère disparaît, elle laisse derrière elle une fantastique énergie de compassion, d'amour, d'amitié.

vendredi 29 juillet 2011

Le tout est plus que la somme de ses parties

Extrait de « La pensée comme voie d'éveil»
d'Yvan Amar


C’est une loi que l'on retrouve partout, dont j'ai eu souvent l'occasion de vous parler, et qui est valable dans le monde de .la spiritualité : l'ensemble est toujours plus que la somme des parties.
Accumuler ou additionner des parties ne donnera jamais l'expérience de l'ensemble.
L'accumulation, l'addition d'expériences, ne peut pas éveiller à l'intelligence de l'ensemble de la vie.
Si cela est vrai, si l'ensemble est plus que la somme des parties, cela sous-entend, d'une certaine façon, que la partie est plus que la partie ; ce n'est pas évident à première vue, je dirais que c'est très optimiste. Mais si l'ensemble est plus que la somme des parties, cela veut dire que la partie bénéficiant de cette intelligence de l'ensemble est obligatoirement plus qu'une simple partie.
D'une certaine façon, je vous dis cela pour vous obliger à considérer avec une autre confiance la partie que vous êtes, ou que vous croyez être, et qui baigne dans cette intelligence-là.
Si l'ensemble est plus que la somme des parties, alors la partie que vous êtes est plus que la partie que vous croyez être.
Vivons plus intimement avec cette partie là, explorons la ensemble.
Sachez d'emblée que je n'ai personnellement aucune prétention de haute qualification dans les fonctionnements de l'individu humain. Seulement, il est vrai que je vis une certaine qualité de conscience qui me permet peut-être de l'approcher d'une façon plus globale. Ce qui ne fait en aucun cas de moi un spécialiste de la biologie comportementale, ou du monde émotionnel, ou des structures psychologiques. Aussi, vous pouvez explorer ce monde-là avec moi, en partageant la simplicité et la confiance qui m'habitent. C'est une exploration que nous faisons ensemble, ne vous croyez à aucun moment incompétents ou non qualifiés dans ce domaine.
Le seul fait que vous soyez « partie » vous fait « faire partie » de l'ensemble et, à un moment ou à un autre, la rencontre avec cette intelligence - qui est la seule source de mon discours, et qui n'a d'autre intention que de vous amener à la reconnaître - est possible.

vendredi 22 juillet 2011

Devenir un être humain


Article paru dans le n°89 de la revue 3eme Millénaire


L’homme peut-il être assimilé à un robot ?
Si oui, à partir de quand cela se met-il en place chez un être humain et pourquoi ?
Je dirais que la première grande raison qui nous conduit à être la plupart du temps dans les répétitions et les réactions automatiques à tout, est que nous sommes inconscients. Nous n’avons vraiment aucune idée que nos réactions, que ce que nous faisons, ce que nous disons, la manière dont nous le disons, que tout cela est mécanique. Ce sont des processus appris. Ces mécanismes sont issus de nos programmes.
Ce sont des choses que nous avons apprises depuis notre naissance, et même avant. Quand nous étions dans le ventre de notre mère, nous avons commencé à apprendre différents types de réactions car nous pouvions entendre. Nous pouvions entendre comment notre mère réagissait à certaines choses, à certaines énergies, et cela nous a programmé. Plus tard, nos expériences en tant que bébé nous programment. (…).

Ainsi, ces programmes s’impriment en nous dès notre plus jeune âge : l’information entre, affecte la personne, et par la suite ce mécanisme se reproduit encore et encore, année après année.
On pourrait dire que nous sommes comme un ordinateur, dans lequel vous insérez tous les programmes que vous voulez, tous les programmes avec lesquels vous voulez travailler. Un ordinateur fera exactement ce pourquoi il est programmé. Il vous redonnera ce que vous lui demandez, ce que vous lui avez appris. Nous sommes tout à fait comparables à cela. Tels des robots. Nous n’agissons pas qui nous sommes car nous ne savons même pas qui nous sommes, nous ne nous connaissons pas. Nous avons perdu tant de cela étant enfant.
Nous ne comprenons pas que ces réactions ne sont pas nous, nous pensons qu’elles sont nous. « Mais si, c’est moi, c’est moi qui les agis, donc cela est moi ! » Alors que ce sont simplement des actions et paroles – ou plutôt des réactions - automatiques.
Quand nous sommes dans les mécanismes automatiques, il n’y a point de relation ; il n’y a que des scénarios imprimés en nous qui se répètent tout au long de notre vie, qui colorent chaque aspect de notre vie si nous ne faisons rien pour devenir conscient de cela, pour devenir conscient de qui nous sommes vraiment. pour le restant de notre vie. (…).

Un seul évènement suffit à induire en nous un comportement automatique, inconscient.

Ces automatismes vont affecter non seulement nos actions, mais jusqu’à nos pensées et nos paroles, et ce à tout moment de la journée ?

Oui. Nous grandissons pensant que nos actions, nos paroles, nos pensées, sont nous. Nous grandissons en nous identifiant à ces programmes, à ces mécanismes, à ces réactions automatiques. Cela est notre conditionnement. Commencer à prendre conscience de cela, c’est la possibilité de s’ouvrir à l’humain en soi, à la relation au lieu de la réaction, à être responsable au lieu de victime.

Alors au final, dans le monde inconscient, ce n’est pas tant la situation ou la personne en face qui nous intéresse vraiment, c’est plutôt en quoi la personne ou la situation va me permettre d’entretenir mes programmations et mécanismes. De ce fait, mes actions, paroles, pensées, sont déconnectées de qui je suis, et sont connectées aux croyances, illusions et mécanismes auxquels je m’identifie et que j’entretiens tout au long de ma vie.

Oui. Un exemple : je suis quelqu’un de colérique. Je parle à quelqu’un qui ne m’écoute pas, pas vraiment. Cela crée de la frustration en moi. Je n’exprime pas ce que je ressens, et voilà la parfaite occasion pour activer ma colère et pour blâmer l’autre de ne pas m’écouter. Voilà un exemple de comment j’utilise une situation extérieure pour activer un mécanisme, ici l’émotion de la colère, au lieu de communiquer et prendre soin de ce qui se passe vraiment en moi : le besoin d’être écouté (…).

Qu’est-ce qui peut alors aider un enfant à grandir pour devenir vraiment lui-même, et non pas devenir un ensemble de réactions automatiques que l’entourage et la société auront imprimé en lui selon ce qu’ils veulent que l’enfant devienne ?

S’il est donné de l’espace à l’enfant et que celui-ci est élevé de manière consciente, la combinaison des deux permet à l’enfant d’apprendre par lui-même. « Ne mets pas la main dans le feu, tu vas te brûler » : l’enfant n’a jamais encore fait l’expérience du feu, mais le parent a tellement peur, que l’enfant ressent une peur non naturelle en lui. Alors que si l’on permet à l’enfant de faire l’expérience du feu, de la flamme, sous la bienveillance de l’adulte, l’enfant fera lui-même l’expérience que c’est chaud, même très chaud. Et il n’aura pas toute cette peur autour de lui en anticipation qu’il « pourrait se brûler ». L’enfant aura appris de lui-même que s’il met la main dans le feu, il aura mal. Alors donner à l’enfant de l’espace, l’espace pour apprendre par lui-même, pour ressentir et pour se sentir confortable avec le sentiment qu’il reçoit, quel qu’il soit, donner à l’enfant autant de conscience que possible, va lui permettre de grandir le plus possible dans le respect de qui il est vraiment.

Alors pour les personnes qui ont été pleinement programmées, ce qui est le cas pour la plupart d’entre nous, si nous sommes tels des robots : où est l’être humain dans tout cela ?

Caché à l’intérieur. Très bien caché. Caché derrière tous ses programmes, derrière tous les jeux du mental pour maintenir la personne dans les programmes, derrière toutes les manipulations du mental pour maintenir la personne dans sa ‘zone de confort’ (notre zone de confort se réfère à tout ce avec quoi nous avons été élevé, aussi inconfortable puisse-t-elle être).

L’être humain est caché derrière différentes couches, comme un oignon. L’être humain est là, à l’intérieur, sauf qu’il est recouvert, ce qui le fait ressembler plus à un robot qu’à un humain.

En quoi peut-on considérer l’aspect positif de nos programmations ?

Il y a un côté positif au fait que l’être humain soit si programmable : cela montre combien nous sommes réceptifs, que nous assimilons tout ce qui se passe. C’est seulement négatif lorsque vous ne savez pas que c’est le robot en vous qui agit, quand vous n’en avez pas conscience. Mais une fois que vous en avez conscience et que vous êtes présents dans le moment, vous pouvez agir sur l’information qui arrive à vous sans que celle-ci n’ait à devenir un programme ; cette information peut être utilisée par l’être humain. Cela est très positif, cela montre l’intense capacité d’un être humain, qui peut utiliser tout ce qu’il reçoit.
Cela devient un problème lorsque c’est l’information qui nous utilise. Si nous recevons une information, et que nous ne réalisons pas que nous avons reçu une information, que celle-ci est entrée dans notre programmation, alors cette information nous mène. Ce qui se rapporte aussi au mental : est-ce notre mental qui nous utilise ou utilisons-nous notre mental ? Tout est une question de conscience, de capacité à être présent dans le moment.

Alors comment pouvons-nous arrêter cette chaîne de réactions automatiques, sur lesquelles nous bâtissons un faux sentiment d’identité, et qui nous empêche de voir qui nous sommes vraiment ?

En commençant par changer des habitudes, vos mauvaises habitudes, les habitudes automatiques. Par exemple, si vous avez l’habitude de commencer des choses sans les terminer, vous entreprenez de terminer ce que vous commencez.

S’agit-il donc de se déprogrammer, pour se transformer en qui on est vraiment ?

Oui. Nous avons besoin d’arrêter les anciennes habitudes, celles qui sont connectées à nos programmes et d’entreprendre de nouvelles habitudes, les habitudes d’un adulte. Après avoir fait ce processus, nous nous donnerons l’espace pour nous voir vraiment, pour voir ce qui émerge. Par exemple : si nous n’aimons pas quelqu’un qui est fort avec nous énergétiquement, et que notre habitude était de nous taire et de nous retrancher de la relation, une nouvelle habitude pourrait être d’être devant cette personne, l’écouter, ne pas prendre ce qu’elle dit personnellement et répondre comme un adulte. Cette nouvelle habitude ne fait pas partie de votre programme. Cette nouvelle habitude vous donnera à vous, ainsi qu’à l’autre, l’espace pour être différent. Vous pouvez essayer de faire cela seul, mais mon expérience me montre que l’on a besoin d’aide. Ce n’est pas une affaire facile de changer une vieille mauvaise habitude.
Donc ta question est en effet véritablement le processus qui aide la personne à se trouver.

Et l’auto-observation ?

Oui, vous vous observez. Mais avez-vous la force pour aller contre, pour batailler avec tous ces démons qui essaient de vous maintenir exactement tel que vous êtes ? Ces démons, déguisés sous forme de mauvaises habitudes, de choses apprises depuis l’enfance, avez-vous la force pour les combattre ? Vous le ferez peut-être pendant un temps, mais sur la durée ? L’observation de soi est bonne si elle est utilisée dans un contexte de changement.

Alors l’observation de soi, à elle seule, ne suffit pas, elle doit accompagner un désir de changer ?

Exactement. Sans le désir de changer, la plupart des personnes qui s’observent ne vont nulle part. Cela demande de développer la force d’aller plus loin. Le désir de se voir, de voir ce que l’on est à tout moment donné. C’est douloureux de se voir faire toutes ces choses qui ne sont pas nous. C’est avoir le courage de les voir, de les traverser, et d’aller de l’autre côté.

Souvent, nous changerons nos circonstances extérieures pour préserver l’équilibre de nos programmes, comme par exemple, changer de conjoint, de patron, etc. C’est ce que font la plupart d’entre nous : nous quitterons une situation, blâmant cette situation, et bien souvent cette ‘fuite’ est un moyen qui nous permet de rester dans nos mécanismes.

Oui. Un moyen de nous permettre de demeurer un robot. Beaucoup de personnes se séparent, quittent leur conjoint, leur travail, partent, partent, partent. Alors que si elles restaient, si elles travaillaient sur la situation au lieu de fuir, il se peut qu’elles découvrent quelque chose de très différent sur elles-mêmes et sur la vie. Dans beaucoup de cas, si la personne reste, sans changer de partenaire ou de patron, elle va traverser la situation, devenir plus forte, comprendre plus, ressentir plus, et être plus en paix que si elle part. Une personne qui ressent le besoin de changer quelque chose dans sa vie, si elle traverse d’abord la situation, qu’elle accepte d’abord de voir ce qui est là pour elle, soit par la suite le changement en question n’a plus lieu d’être, soit il se fera d’une manière très différente, en conscience.

Parce que la fuite n’est ni plus ni moins le mécanisme à l’œuvre, qui maintient dans le changement constant. Vous restez un robot. Votre mental vous mène. L’ordinateur vous mène. Vous n’avez pas le contrôle de votre mental. Votre mental vous utilise, vous n’utilisez pas votre mental. C’est à cela que tout se résume : au mental. Vous faites toutes ces choses par habitude, à répétition, année après année, car c’est le mental qui vous utilise.

Si nous observons attentivement, nous verrons que finalement, quelle que soit la personne ou la situation, nos schémas ou croyances sont invariablement et mécaniquement ravivés. Et avec cela, le lot de souffrances qui les accompagnent. Alors souvent, pour mettre un terme à la souffrance, nous cherchons à changer la situation, ou à changer de partenaire, à changer l’extérieur, jusqu’à ce que tôt ou tard, la mécanicité finisse par recommencer dans cette nouvelle situation. Nous restons aveugles à la réalité de ce qui est, et nous cherchons à changer l’extérieur au lieu d’utiliser celui-ci pour aller regarder ce que, en soi, nous avons besoin de rendre conscient.

Et nous pensons que ces automatismes sont nous.

Exactement. Et ce ‘nous’ là ne pourrait, en fait, être plus éloigné de la vérité.

Alors que sommes-nous, si nous ne sommes pas toutes ces choses ?

Un être humain qui pense librement, qui utilise son mental pour accomplir des choses. Les amérindiens disent « nous devenons un être humain » (ce que nous appelons le processus de devenir conscient).
Comment s’appeler être humain si votre mental vous régit ? Si vous ne voulez pas être tel un robot, apprenez à utiliser votre mental au lieu de vous laisser utiliser par celui-ci. Apprenez à faire taire le mental, à le mettre au repos.

Tu proposes d'arrêter le mental. Mais qui en moi reçoit cette injonction ? Est-ce le mental ? Il me semble que cette injonction ne peut qu’être prise sur un plan horizontal : "Ah oui, c'est vrai, je vais essayer d'arrêter le mental pour que ça aille mieux". Le mental peut-il arrêter le mental ? N'y a-t-il pas un risque que cette proposition provoque le refoulement et l'écrasement des pensées, au risque d'abîmer la fonction de la pensée ?

Lorsqu’une personne envisage ne serait-ce que de réfléchir à comment arrêter le mental, elle a déjà certainement quelques bases d’une éducation sur le plan spirituel (qu’il s’agisse d’une éducation de personne débutant sur le chemin ou d’une éducation de personne relativement mature sur le chemin). En général ce n’est pas n’importe qui, qui peut dire « je veux arrêter mon mental ». Ce n’est pas n’importe quel passant dans la rue qui va considérer une telle question. Même le grand public qui lira cet article, qui s’intéresse à La Revue du 3ème Millénaire, a une ouverture dans le domaine humain, spirituel.
Aussi, avec cette éducation, une personne est quelque peu ouverte et disponible pour travailler sur soi, pour essayer d’arrêter le mental. Il ne s’agit pas de réprimer le mental au point d’être comme un légume, de ne plus pouvoir réfléchir, de ne plus être capable d’utiliser la fonction de la pensée. Cela ne marche pas ainsi.

Premièrement, arrêter le mental est très difficile, vous pouvez essayer cela pendant des années et le mental ne s’arrêtera pas comme ça. Mais vous pouvez utiliser ces années-là pour travailler des pratiques permettant de commencer à arrêter le mental.
Une pratique allant dans ce sens est, à un premier stade, non pas d’essayer d’arrêter le mental mais d’arrêter de suivre la pensée : lorsqu’une pensée arrive, ne suivez pas la pensée. Si vous ne suivez pas la pensée, vous ouvrez alors un espace pour un léger ‘blanc’ avant la pensée suivante.
Pratiquer ainsi est une méthode. Si vous poursuivez dans cette pratique, le mental va progressivement commencer à relâcher l’emprise de fer qu’il a sur vous, il commencera à arrêter le flot incessant des pensées complètement inutiles. C’est vraiment assez simple.
Très rares sont les personnes capables de simplement arrêter le mental, d’arrêter le flot incessant des pensées parasites et inutiles qui écartent du présent, de ce qui est. D’autant plus que, plus on vieillit, plus on est pris dans ce programme de pensées incessantes.

Il n’y a absolument pas d’inquiétude à avoir quant à la perte éventuelle de l’usage de son mental, de la faculté de penser. Dans toutes mes années sur le chemin de la conscience, je n’ai jamais entendu une telle chose concernant les personnes travaillant à arrêter leur mental.
Ce serait même, je dirais, l’inverse. En redonnant au mental sa juste place, cela permet d’être pleinement disponible à ce qui est. Dès lors, nous faisons simplement appel au mental pour traiter, résoudre des situations, au lieu de se laisser constamment emmener par lui. Le mental n’est pas à bannir car il est un outil formidable, utile et nécessaire, dont nous avons besoin. Ainsi, pour répondre à la question ‘qui arrête le mental ?’, c’est en partie la conscience, en partie un désir réel d’arrêter le mental, et c’est en effet en partie le mental qui donne l’ordre. Mais ce n’est pas l’un ou l’autre, ce n’est pas blanc ou noir. Si c’est le mental seul qui le pense et le dit, alors c’est impossible pour le mental de s’arrêter lui-même. Chez toute personne qui va tenter une telle chose, c’est une question de discipline, une question de volonté et de désir d’avoir réellement moins de pensées dans sa tête, d’avoir de l’espace, de ne plus être submergé par le flot continu des pensées. Tout apprentissage requiert généralement de la discipline, d’une manière ou d’une autre (apprendre un sport, un métier, un instrument, à conduire, etc.). De la même manière, cela demande une discipline de travailler sur notre mental, afin de créer l’espace pour pouvoir être présent à ce qui est.

Si l’on est plus présent, moins utilisé par son mental, peut-on dire que l’on est davantage un être humain, dans le cœur ?

Oui, si vous êtes présent, vous être dans le corps, dans le cœur ; si vous n’êtes pas présent, vous êtes dans votre tête, à constamment réfléchir, sans être présent et disponible pour ce qui est.
Alors qu’est-ce être présent ?
Arrêter le mental, être là pour toute chose qui émerge. Quand vous êtes présent, vous pouvez ressentir. Vous êtes véritablement disponibles à ce qui est. Quand vous êtes dans la tête, c’est la même chose qui se reproduit encore et encore. Vous êtes tel un robot, c’est mécanique, il n’y a pas de spontanéité, pas de création, pas de vie. Vous êtes dans le monde des freins et des limitations du mental. Quand vous êtes présent, vous êtes toujours dans la création. Vous êtes dans la vie. Vous êtes dans le monde des possibles, sans limites. Vous êtes dans votre essence d’être humain.

vendredi 15 juillet 2011

Les trois oasis

Les trois oasis


Une fois, à la chaikana, un marchand interrogea Averroès.
Il voulait connaître le chemin qui mène à Allah.
Sa demande était sincère et profonde.
- Le chemin qui mène à Allah, mon frère, passe par trois oasis.
- Où se trouvent-elles ? Dis-moi, s’il te plait, quel est leur nom ?
- Tu dois les trouver par toi-même sur le chemin de ta vie. D’abord, il te faut traverser le désert des illusions et des croyances. La première oasis s’appelle « Découvre le Sourire de ton Cœur »…
- Et la deuxième ?
- Lorsque tu auras trouvé la première, abandonné les dunes arides de la stérilité du dogme, le chemin de la deuxième te sera indiqué tout naturellement.
Elle s’appelle : « Vis le Silence de ce Sourire »…
Le marchant pleurait. Lui qui avait fréquenté les cercles mystiques, réalisé le pèlerinage à la Mecque, n’avait jamais été touché aussi intimement. Séchant ses larmes, il demanda :
- Et après, Maître ?
- Après, mon frère, devant toi se dressera une haute montagne. Les pistes sont toutes à découvrir et celui croit tout savoir tombe dans le précipice de l’inanité. Si tu passes outre, te fiant à ce que tu as découvert dans les deux précédentes, tu découvriras la troisième oasis, enchâssée comme un diamant au sein de la vallée de la sagesse. En cette oasis tu seras en présence d’Allah. Cette oasis embaume des milles parfums de l’existence en perpétuel renouvellement et s’appelle :
« Deviens le Sourire de ce Silence »…

vendredi 8 juillet 2011

Une démarche responsable

Extrait de « La pensée comme voie d'éveil»
d'Yvan Amar


Tout processus dans lequel nous sommes engagés est donc un processus de complexification...?

Ces mécanismes, très subtils, qui se mettent en place ont pour but de complexifier la conscience.
Plus la structure est complexe, plus elle devient l'occasion pour la conscience la plus élevée de se reconnaître.
Tout le processus d'évolution de la conscience est un processus en rétroaction avec la structure, un processus de de cette structure, afin que la conscience la plus élevée puisse s'y reconnaître.
Lorsque nous sommes engagés dans une démarche spirituelle, nous devons absolument assumer le lien profond qui existe entre la structure que nous sommes et la qualité de conscience qui peut s'y reconnaître. Une démarche spirituelle est une démarche responsable qui ne vise pas à atteindre un état nous dégageant de nos responsabilités concrètes, afin de vivre une forme de transcendance épanouie qui nous mettrait d'un seul coup à l'abri de toutes les complications du quotidien. Ceci est capital.
Si la voie spirituelle est une voie de sérénité, elle doit engendrer une qualité quotidienne dans laquelle n'existerait quasiment aucun écart entre la structure que nous sommes et la conscience qui s'y reconnaît. Tout le reste, c'est du rêve.
Si vous voulez rêver la spiritualité, vous le pouvez. Mais dans un travail d'intégration, on ne peut pas rêver la spiritualité, on doit mettre à disposition de la conscience la plus haute la structure la plus complexe et la plus ordonnée qui soit, pour que cette conscience s'y reconnaisse.
Cela demande une immense conséquence, tout particulièrement, déjà, de bien maîtriser l'outil qu'on utilise pour cela : la pensée, et d'en explorer les structures les plus intimes et la genèse. Si je vous parle de la sensation et de l'émotion, c'est parce qu'elles font partie intégrante de la genèse de la pensée, et non pas en tant que représentations exclusives de la conscience.
Le fait d'exposer la nature de la sensation, de l'émotion, de la pensée ne rend pas compte de toute la conscience ; c'en est une petite partie.
Même si je suis, au cœur du cœur, libre, le grandir de la conscience ne se fait jamais seul mais de façon solidaire, et la compassion, même à ce stade-là, c'est l'intérêt de l'Un pour lui-même.

vendredi 1 juillet 2011

Florilège n°5

Extrait de « My Secret is Silence »
(Mon secret est le silence) d'Adyashanti
Traduction : Isabelle Padovani
Nota bene : ce livre n'a jamais été publié en français 


Vous pensez que l'illumination est quelque chose d'autre que ce qui vous arrive juste en ce moment. Ceci est votre première erreur.
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Cette lumière que Je Suis n'est pas une lumière ordinaire.
Elle n'éclaire pas quoi que ce soit ou illumine l'obscurité.
C'est une connaissance pure et sans forme.
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Je suis la Source et son serviteur.
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On n'a pas besoin de confort : on a besoin de réalité.
La réalité est son propre confort.
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La vérité vient en un esprit innocent comme une bénédiction et un sacrement.
La vérité est une chose sainte parce qu'elle libère la pensée d'elle-même et illumine le coeur humain depuis l'intérieur.
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En premier vous êtes un chercheur, puis vous êtes un trouveur.
Ensuite, vous êtes ce que vous étiez avant d'être un chercheur et un trouveur.
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Le connu est moins vrai.
L'inconnu est plus vrai.
L'état antérieur à connaitre et ne pas connaitre est la vérité elle-même.
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Toutes les expériences spirituelles sont à laisser derrière soi, ultimement.
Un jour, même votre éveil à l'illumination sera vu comme un flash de l'imagination qui a servi uniquement à vous orienter vers votre propre disparition  dans la simplicité et la restauration de l'humour cosmique...