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jeudi 7 avril 2011

Entrer dans les sensations

Extrait de « My Secret is Silence »
(Mon secret est le silence) d'Adyashanti
Traduction : Isabelle Padovani
Nota bene : ce livre n'a jamais été publié en français 


Il y a une seule Vérité
et tandis que tu vas à sa rencontre à travers la forêt de la recherche,
fais attention, sans quoi tu te cogneras dans un arbre.
Cette bosse sur ton front pourrait te rappeler que toute chose est Dieu.

Tu es comme un habitant de la forêt cherchant la forêt.

Que suis-je sensé faire ?

Ecoute, ami,
chaque feuille craquant sous tes pieds
est une invitation à entrer dans tes sensations.

T’est-il jamais apparu que
tu es en train de chercher Dieu
avec Ses yeux ?

mercredi 6 avril 2011

Guérir de la blessure primale

Extrait du livre
«The Diamond in Your Pocket :
Discovering Your True Radiance» de Gangaji

Traduction : Bertrand Coquoz


Si vous désirez la liberté,
vous devez être prêt à faire face à ce que vous avez fui en la cherchant.

En général, les gens fuient une douleur diffuse, souvent une douleur ancienne provenant de besoins non satisfaits dans l'enfance. Elle peut revêtir à la fois des aspects physiques et psychologiques. Elle peut être associée à une histoire, ou n'être qu'un champ énergétique, comme une impression négative ou de l'appréhension.
Chaque vie contient de multiples blessures, même celle des plus privilégiés d'entre nous.
A moins que vous n'arriviez à vous dissocier de la vie, tout l'éventail des blessures humaines est présent en vous, sous une forme ou l'autre. Certains réussissent à recouvrir leur psychisme ou leurs blessures émotionnelles et physiques de pansements, tout en poursuivant simplement leur vie quotidienne.
Mais je doute que quelqu'un réussisse à annihiler ses blessures totalement.
Cet échec est en soi une bonne chose, car il signifie que la blessure demande de l'attention, à l'instar du gravier dans une chaussure qui gêne tant qu'on ne s'en est pas occupé.
Bien entendu, nous cherchons à nous débarrasser de cette douleur centrale de différentes manières, à la fois mentales et matérielles. La plupart des activités mentales servent en premier lieu à fuir cette blessure primale et tout ce qui la concerne.
Il arrive aussi que nous nous tournions vers la vie spirituelle dans l'espoir qu'un enseignement ou une illumination particulière nous soulagent de notre blessure. Nous cherchons à faire ce que l'enseignement ou l'enseignant dit, et nous le répétons inlassablement, en espérant que la souffrance sera éliminée.

Étonnamment, un vrai enseignant et un véritable enseignement vous conduisent sans pitié et avec la plus grande compassion directement au cœur de la blessure.
La blessure la plus profonde et la plus essentielle n'a pas de nom.
Vous pouvez l'appeler « condition humaine ». ou « existence conditionnée » ou « le fait de souffrir ».
L'instinct de fuite est puissant, mais c'est pourtant lui qui vous ramène finalement au point de départ, à la rencontre de votre blessure. Vous mûrissez au travers de vos diverses tentatives de fuite, pour finalement constater que la même blessure est toujours là, qui vous attend.
On fait souvent appel à la psychothérapie pour tenter de guérir les blessures.
Le travail psychologique a son utilité, en particulier dans la culture occidentale qui est une culture psychologique.
Ce travail peut être utile pour développer une maturation de l'esprit, et voir le fonctionnement des mécanismes particuliers et des réactions routinières. Mais cela ne mènera pas plus loin. Tout en permettant des prises de conscience étonnantes et salutaires, la psychothérapie n'atteint pas le vrai fondement de la souffrance. Elle peut nous aider à découvrir que, malgré toutes nos connaissances psychologiques ou mentales, le fondement de la souffrance perdure ; et dans ce sens, c'est déjà une aide énorme.
Et à ce point précis, vous pouvez vous demander : Mais alors, qu'est-ce qui va bien pouvoir enlever cette souffrance ?
Si vous avez travaillé sur vous pendant vingt, quarante ou cinquante ans en psychothérapie et que le fondement de la souffrance est toujours en place, c'est qu'une chose essentielle doit encore être révélée.
Guérir les blessures est une bonne chose. Il existe un traitement pour chaque blessure et toutes les blessures qui peuvent être soignées devraient l'être.
Ce qui pose problème, c'est de croire que la guérison va vous apporter la vérité.
Le traitement s'adresse à la blessure émotionnelle, physique ou mentale : il ne s'occupe pas et ne permet pas de découvrir ce qui est par essence entier, pur, libre et en paix.
La vérité est déjà là, indépendamment de l'état de votre corps, de vos émotions, de votre esprit ou de vos conditions de vie.

Je vous invite à cesser de chercher à vous libérer de la souffrance pour un instant.
Je ne vous demande pas de devenir insensible à la souffrance, ou de glisser dans le désespoir.
Je vous invite à cesser de chercher quelque chose dans l'intention de vous délivrer de vous-même.

mardi 5 avril 2011

Comment reconnait-on un éveillé ?

 Extrait de « Humour Zen »
de Henri Brunel



Un clair matin de printemps, l'empereur décida qu'il voulait connaître un Éveillé. Il confia cette mission singulière au plus dévoué des prêtres de sa cour : Kikuchi fut désigné.
Il partit avec les feuilles nouvelles, et voyagea deux années durant.
Pas un couvent, pas un temple qu'il ne visitât.
Il vit jusqu'aux ermites, qui vivaient au creux des forêts, dans les grottes au flanc de la montagne. Il croisa bien des saints hommes, mais comment être sûr que ce fussent des Éveillés ?
Kikuchi était sur le point de renoncer quand il entendit parler d'un maître zen qui accomplissait des miracles. Ceux qui l'avaient approché louaient sans fin ses mérites. Celui-là, disait-on, est un véritable «Bouddha vivant».
Quand le messager fut en présence du maître, il fat à son tour convaincu.
Le saint homme semblait entouré d'un halo de lumière...
« Maître, demanda Kikuchi, tout tremblant. Êtes-vous celui que je cherche à travers le pays, et que j'ai mission de présenter à notre bien-aimé empereur, êtes-vous un Éveillé ?
- Non, dit le saint homme, mais je connais celui que tu cherches !
- Où le trouverai-je, Maître ?
- Va jusqu'au pont des mendiants au bas de la ville...
- Mais comment le reconnaîtrai-je ?
- C'est très simple : apporte avec toi des melons.
- Des melons... Maître ?
- Oui, des melons, offre-les...
Celui qui se jettera dessus le premier est l'homme que tu cherches.
Il adore les melons. »

lundi 4 avril 2011

Les trois sortes de pensées

Extrait de « Le sens des choses »
de Francis Lucille


Bien que je sache que je suis déjà ce que je cherche, mes pensées semblent m'empêcher de vivre vraiment l'instant présent. Comment puis-je me libérer de la pensée ?

Il y a trois sortes de pensées :

1. Les pensées pratiques, nécessaires à la conduite de nos affaires quotidiennes, comme « Je dois faire le plein d'essence». Les pensées de ce type ne doivent pas être supprimées. Lorsque nous leur accordons l'attention qu'elles méritent et prenons les mesures nécessaires, elles nous quittent spontanément.

2. Les pensés relatives à l'ultime réalité, à la perspective non-duelle, comme « Je suis déjà ce que je désire profondément». Ces pensées proviennent de la vérité même. Si nous les accueillons dans notre attention bienveillante, elles purifient le mental de son conditionnement dualiste et nous ramènent tôt ou tard à leur source.
Elles nous baignent de clarté et nous donnent un avant-goût de la félicité du soi.

3. Les pensées qui procèdent de la notion d'être une entité limitée, notamment nos désirs, nos peurs, nos doutes et autres rêves éveillés. Certaines pensées de ce type sont apparemment bénignes, ce qui les rend difficiles à détecter au début. Alors qu'une émotion violente comme la jalousie ou la peur est aisément reconnue, nous pouvons à notre insu perdre de longues heures à nous imaginer en train de passer des vacances idylliques sur la Côte d'Azur.
Considérer toute pensée comme un obstacle à la réalisation du soi est une erreur fréquente. Les pensées du troisième type sont les seules qui voilent notre nature profonde.
Lorsqu'elles se manifestent, nous pouvons les traiter de deux manières différentes :
Si nous n'avons pas encore la conviction que nous ne sommes pas une entité séparée, nous devons essayer de trouver la source de ces pensées, l'ego. Lorsque nous essayons de le saisir, il s’évanouit et nous laisse dans la tranquillité de notre liberté originelle pour ce qui semble au début n'être qu'un bref moment. Cet aperçu de la vérité renforce notre conviction que nous ne sommes pas un tel ego.
Une fois cette conviction acquise, les pensées du troisième type continuent à se manifester pendant quelque temps encore, par habitude, de même qu'un moteur électrique continue à tourner par inertie après que son alimentation ait été coupée. Dans ce cas, il n’est nul besoin de rechercher l'origine de ces pensées : il suffit de les laisser choir dès que nous les reconnaissons.
Le sage Ramakrishna a dit : "Quand on pèle un oignon continuellement, toute la peau s'en va et rien ne reste. De même, lorsqu'on analyse l'ego, on ne trouve aucune entité."

Hélas, j’ai encore pas mal de couches à peler !

Cette dernière remarque fournit un parfait exemple d’une pensée du troisième type !
Goûtez votre réflexion sur l’ultime réalité et la paix qui l'accompagne.

dimanche 3 avril 2011

La poupée de sel

 Extrait de « Comme un chant d’oiseau »
d'Anthony De Mello


Une poupée de sel parcourut des milliers de kilomètres sur la terre ferme, pour parvenir finalement jusqu'à la mer.
Elle était fascinée par cette étrange masse en mouvement, absolument différente de tout ce qu'elle avait vu jusque là.
"Qui es-tu ?" demanda la poupée de sel à la mer.
La mer sourit et répondit :
"Entre dans mon eau, tu verras."
Alors, la poupée entra en pataugeant dans la mer.
Plus elle avançait, plus elle se dissolvait, jusqu'à ce qu'il ne restât plus qu'une toute petite partie d'elle-même.
Avant que cette dernière petite partie ne se dissolve, la poupée s'exclama, tout émerveillée :
"Maintenant, je sais qui je suis !"

samedi 2 avril 2011

Amateurs et experts

Extrait du livre « Au coeur du présent»
d'Osho


Toutes les grandes découvertes sont faites par des amateurs.

Chaque fois que vous commencez un nouveau travail, vous êtes très créatif, vous vous impliquez profondément, votre être tout entier s'y engage.
Puis, plus le domaine vous devient familier, plutôt que d'être inventif et créatif vous devenez répétitif. C'est naturel, car plus vous devenez compétent dans une tâche, plus vous devenez répétitif.
La compétence est répétitive.

Toutes les grandes découvertes sont donc faites par des amateurs, car une personne compétente a trop d'intérêts en jeu. S'il se passe quelque chose de neuf, qu'adviendra-t-il de l'ancienne compétence? La personne qui s'est formée pendant des années est devenue un expert.
Les experts ne découvrent jamais rien, ils ne vont jamais au-delà des limites de leur expertise.
D'une part, ils deviennent de plus en plus compétents, et de l'autre, ils deviennent de plus en plus maussades, leur travail devient une corvée. Plus rien de neuf ne peut les enthousiasmer - ils savent déjà ce qui va se passer, ce qu'ils vont faire, il n'y a plus de surprise.

La leçon, c'est qu'il est bon d'acquérir une compétence, mais qu'il n'est pas bon de s'y installer pour toujours. Quand vous commencez à sentir que les choses s'affadissent, changez-les.
Inventez quelque chose, ajoutez quelque chose de nouveau, supprimez quelque chose de vieux.  
Libérez-vous du modèle - c'est-à-dire libérez-vous de la compétence -
redevenez un amateur.

Cela exige du courage, du cran, mais c'est ainsi que la vie devient belle.

vendredi 1 avril 2011

Florilège n°1...

Extrait de « My Secret is Silence »
(Mon secret est le silence) d'Adyashanti
Traduction : Isabelle Padovani
Nota bene : ce livre n'a jamais été publié en français 


Quand nous commençons à souffrir, ça nous dit quelque chose qui a beaucoup de valeur.
Cela signifie que nous ne voyons pas la vérité,
et que ce que nous nous racontons ne vient pas de la vérité.
C’est un bel indicateur… qui ne se trompe jamais.

***

Portez votre attention sur ce qui est vivant avec fraîcheur et vitalité.
Ne portez pas votre attention sur ce qui est mort, répétitif ou monotone.

***

Juste pour un moment, n’essayez pas d’aller du point A au point B.
Laissez-vous juste être ici.
Laissez-vous arrêter d’essayer de devenir plu, meilleur ou différent.

***

Vouloir s’éloigner de la souffrance alimente la souffrance.

***

Nous souffrons dans le présent d’expériences passées
en proportion directe de combien d’identification découle de cette souffrance.

***

Vous devenez ce à quoi vous résistez.
Si vous résistez à la colère, vous êtes toujours en colère.
Si vous résistez à la tristesse, vous êtes toujours triste.
Si vous résistez à la souffrance, vous souffrez toujours.
Si vous résistez à la confusion, vous êtes toujours confus.
Nous pensons que nous résistons à certains états parce qu’ils sont là,
mais en fait, ils sont là parce que nous leur résistons…

*** 

Toutes les cruautés émergent des croyances.
En absence de croyance, l’amour rayonne.

*** 

La conscience véritable rayonne du cœur, pas de la tête.

*** 

Avant de commencer à méditer, posez-vous la question :
« Est-il vrai que paix et silence ne sont pas là maintenant ? »
Avec votre intention d’aller vers la quiétude, le premier pas que nous posons en est loin parce que nous supposons que ce n’est pas déjà là.