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vendredi 15 novembre 2013

Sérénité


Il m'est souvent demandé
"Comment puis-je savoir
quand je peux lâcher-prise sur une situation ?"
C'est simple :
lorsque tu as fait tout ce que tu pouvais...

Nous pouvons goûter la sérénité
lorsque nous agissons
à la mesure de tout ce qui nous est possible,
puis, lorsque nous sommes
à notre limite,
nous pouvons nous en remettre
à la Vie, Dieu, le Père,
quel que soit le nom que vous lui donnez...

Lorsque l'Enfant-Moi
a fait de son mieux
et qu'il s'en remet ensuite
à plus grand que lui,
il peut goûter la Sérénité,
comme le sage jardinier
qui, après avoir semé et arrosé,
laisse à la Nature
la charge de faire croître tout cela.

Au fil des années,
j'ai constaté que la plus grande compétence
que j'avais développée
pour goûter la sérénité
n'était pas le développement de ma capacité d'action
mais bien celui de ma capacité à m'en remettre
à la Vie, une fois mon action posée...

Puissiez-vous en ce jour
goûter un peu
de cette sérénité-là !

mercredi 13 novembre 2013

Exploration



Souffle après souffle,
pas à pas,
l'Enfant-Divin explore
son Royaume
avec curiosité :
objets,
sensations,
émotions,
pensées,
tout est source d'émerveillement.

Ne se prenant,
ni pour les objets qu'il perçoit,
ni pour celui qui les perçoit,
il avance avec innocence
dans le jardin de l'immaculé présent.

Il ne sait pas "qui" il est,
il ne sait pas ce qu'il voit,
il ne sait rien : il n'est pas un savant,
il est un Vivant,
savourant chaque bouchée de vie
avec la gourmandise
de celui qui aime découvrir
le goût toujours neuf
du moment naissant.

Retrouver en nous
la fraîcheur de cet Enfant,
c'est s'ouvrir à la joie pure,
naissant de la présence attentive
à tout ce qui est.

mardi 12 novembre 2013

Elévation



Quelque chose en nous
aspire à s'élever,
croître,
grandir en humanité
chaque jour un peu plus...

Quel point d'appui
choisirons-nous
pour répondre
à cette irrépressible mouvement
de la Vie en nous ?

Connaissance ?
Compassion ?
Expérience du quotidien ?
Danserons-nous
sur un, deux, trois points d'appui ?

Peu importe notre choix,
du moment qu'il nous fait joie
et que chaque jour
nous le renouvelons
par des actions concrètes
incarnant nos aspirations...

A l'image des arbres,
nous vivrons alors
que plus haut nous voulons nous élever,
plus profond les racines de nos actions
devront s'enraciner.

Le plus haut degré de conscience,
la plus haute vision spirituelle,
s'ils ne s'incarnent pas
en nos actions quotidiennes
demeureront des jouets évolués
de l'Enfant-Moi,
s'ils ne se mettent pas au service du Vivant
en la personne de chaque être...

Là, nous découvrirons
que la Compassion
est la fois la voie d'accès
et l'expression
au Vivant que nous sommes
dans sa dimension la plus élevée.

Alors, pour ce jour,
puisse votre élan spirituel vertical
s'horizontaliser d'amour
par la relation de coeur à coeur
avec votre frère,
avec votre soeur
en humanité...

La vie en rose



Dans nos prières,
nos rêves,
nos aspirations,
nous imaginons notre "vie en rose" :
comment nous pourrions être si ceci, ou si cela...
Comment seraient nos relations si ceci, ou si cela...
Comment le monde pourrait être si ceci, ou si cela...

Puis une tempête arrive...
Qu'elle soit matérielle ou relationnelle,
qu'elle emporte des êtres, des maisons,
ou des croyances, des relations, des attentes,
elle nous confronte à la réalité
d'une Vie en laquelle
nos aspirations les plus hautes
côtoient nos pires cauchemars.

Pour moi,
être un Vivant,
c'est faire face à ce qui matérialise
nos attentes comme nos peurs
en permettant que notre coeur
soit transporté de joie par moments
et brisé à d'autres.

C'est seulement dans le creuset de ce coeur-là
que peut se réaliser l'alchimie subtile
qui permet que notre compassion
soit à la dimension de notre vision...
Depuis là,
la vie se colore du rose de la tendresse
envers soi-même
comme envers tout ce qui est...
C'est ma façon de voir "la vie en rose"...

De tout coeur, ce soir,
avec les Philippins...

dimanche 10 novembre 2013

Grand vent



Ce matin,
il fait grand vent.
Je contemple les frêles buis
plantés avant-hier devant la maison
qui se courbent presque à terre
sous la force du souffle d’Eole…

« Les pauvres… »
Un élan de compassion me traverse.
Envie de les protéger,
de les replanter bien à l’abri
derrière la maison.

Je les contemple,
regarde ce qui me touche tant :
« ils ne peuvent rien faire,
ils ne peuvent échapper au vent,
ils n’ont pas les moyens de bouger,
d’aller se replanter tout seul
dans un lieu moins venté ».
Oui, ce que je perçois
comme leur impuissance me touche.
Elle fait écho à la mienne,
sous certains grands vents de la vie
face auxquels je ne sais où trouver refuge.

Soudain, un vert éclat de rire
me traverse, venant de la haie :
« Qui t’a dit que nous souffrions du vent ?
Qui t’a dit que nous aimerions y échapper ?
Cela n’est point !
Le Vent est ce qui nous anime,
le seul mouvement que nous pouvons goûter,
par son Souffle, nos feuilles deviennent instruments
créant musique de l’instant…
C’est le Vent encore qui nous ensemence,
qui éparpille graines alentour, pour nouveaux arbres…
C’est lui qui nous dénude de nos habits feuillus
nous faisant vivre la nudité essentielle
au cœur de l’hiver…
Oui, nous ne pouvons bouger.
Oui, nous ne pouvons lui échapper :
mais cela développe en nous force et vigueur,
tout autant que souplesse et fluidité,
et la mélodie que tu entends sous son souffle
est le chant de gratitude
de toute notre communauté ! »

Quelle sagesse, me dis-je…
Oui, les arbres ont raison :
nous humains, arbres capables de nous déplacer,
avons souvent perdu l’habilité à « rester sous le vent »
tant nous cherchons le calme, la tranquillité et la sécurité.
Je ne parle pas ici bien sûr
du besoin naturel de préserver la vie qui est nôtre,
mais de ce que notre instinct de survie
a développé au fil de l’évolution humaine :
privé de réelles mises en danger
il nous a rendu si sensibles au moindre souffle de vent
que l’une de nos plus grandes compétences
est devenue l’évitement…

Alors pour ce jour,
je m’invite, lorsque soufflera le prochain vent,
à rester dans son mouvement quelques minutes de plus
que ce que je fais d’habitude…
Je m’engage à expérimenter un peu plus
ce qui se vit en moi,
à l’accueillir, à le goûter,
plutôt que de chercher à le fuir immédiatement.
J’ai envie de sentir le mouvement de la Vie
me traverser, même si cela me décoiffe sur le moment.
Je veux découvrir quel chant se chanterait à travers moi,
si je restais au cœur de ce qui est,
sans partir en courant.
Pour ce jour,
je prends rendez-vous avec ce que j’évite habituellement
car je sais que j’y découvrirai monts et merveilles,
présents de l’inhabituel, cadeaux de l’instant remuant.

Et de mon coeur à ton cœur,
Ami, Amie,
je te souhaite une belle journée
et… bon vent !

Et si...



Et si
j'entrais en contact
avec l'instant
avec délicatesse ?

Et si
j'osais toucher du doigt
ce qui est
et goûter avec curiosité
ce que cela me fait ressentir ?

Et si
j'observais
de quelle façon
ce que je suis
contribue
à ce qui est ?

Et si
je devenais
un "explorateur ravi"
(merci David Ciussi !)
du paysage de ma vie ?

Et si
je m'ouvrais
à l'inattendu
à l'inconnu
à l'impensable
comme à la venue
d'un ami cher
qui arrive avec une surprise pour moi ?

Et si
je devenais
un Vivant ?

jeudi 7 novembre 2013

L'Enfant-Dieu



Lorsque plus rien ne va,
quand la fatigue est là,
le découragement,
l'impuissance,
la tristesse,
lorsque l'instant présent
nous pèse,
lorsque l'espoir
est aux abonnés absents
et que le ras-le-bol domine,
demeure au fond de nous,
en un espace préservé,
la mémoire sacrée
la joie pure
le sourire secret
de l'Enfant-Dieu...

Tout doucement,
avec délicatesse,
pour ne froisser
aucune des émotions présentes,
il déploie un à un
les pétales soyeux
de son innocence...
Avec lenteur,
il nous offre sa candeur,
sa tendresse,
son amour,
ses caresses intérieures...
En souriant,
il nous montre
le chemin de la joie sans objet
savourant,
émerveillé,
le simple goût d'exister...

Dans le noir et blanc
du paysage de nos sentiments,
il amène son regard immaculé,
et repeint de mille couleurs
la toile de notre malheur :
là, en un instant,
il se fait magicien,
alchimiste de notre condition humaine,
transformant ce qui nous plombe
en or qui nous illumine...

L'Enfant-Dieu,
toujours là,
au creux de soi,
caché,
lové,
au fond du coeur,
de l'Enfant-Moi...