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mardi 10 juillet 2012

Le seul vrai désir

Extrait du livre
«You are That» de Gangaji

Traduction : Isabelle Padovani


Le vrai désir est le désir pour l'union avec Dieu, le désir pour la vérité, le désir pour une fin à la souffrance. Ce vrai désir est le coeur de tous les autres désirs déformés et égarés.
Si la passion pour la vérité n'est pas reconnue, alors toutes les imitations déformées de la véritable passion, toutes les autres passions habituelles de l'avidité, de la haine, de la luxure et de l'envie émergent et conduisent à la souffrance.

Soyez honnête avec vous-même.
Impitoyablement honnête.
Demandez-vous : "Qu'est-ce que je veux ?"
Voulez-vous vraiment être libre ?
Voulez-vous vraiment réaliser l'absolue vérité de qui vous êtes ?

Si vous voulez juste avoir de jolies élévations spirituelles de temps à autre, vous êtes bienvenu pour cela, bien entendu. C'est un peu comme tremper votre orteil dans l'océan.
C'est agréable et l'océan ne s'en fait pas si vous trempez juste votre orteil en lui.
Pourtant, vous avez la possibilité de plonger totalement dans l'océan de vérité, avec aucun espoir d'en émerger.

Plongez et voyez.

vendredi 2 septembre 2011

La plus forte pratique

Extrait du livre
«The Diamond in Your Pocket :
Discovering Your True Radiance» de Gangaji

Traduction : Isabelle Padovani


La méditation signifie des choses très différentes pour des personnes différentes.
Elle peut signifier se focaliser sur la respiration, se concentrer sur une image ou beaucoup d’autres choses.
La pratique de méditation la plus répandue chez la plupart des gens est :
« Je suis ce corps, je suis ces pensées, je suis ces émotions ».
Il peut y avoir des interruptions de cette pratique, au cours desquelles des méditations formelles sont pratiquées, mais l’on revient ensuite à la pratique la plus forte : « C’est moi, je suis ce corps, ce sont mes souhaits, c’est que je veux avoir, c’est que je ne veux pas avoir ».
Et c’est une méditation de souffrance. Parce qu’elle est si répandue, elle est ignorée. Elle est perçue non pas comme une pratique, mais comme la réalité.

Il est des moments exquis où cette méditation habituelle s’arrête : des moments où nous sommes absorbés dans un enlacement amoureux, dans le son d’une belle musique, dans les couleurs d’un lever de soleil.
Il y a des moments où il n’y a pas de « vous » en train d’être pratiqué ; il y a simplement êtreté.
Et dans cette simple êtreté, il y a paix, compréhension, clarté, et une grâce et une aisance naturelle, sans effort. Mais nous croyons très fortement en notre méditation « moi » et donc, ce sont juste de brefs moments avant que la pratique normale ne reprenne : « Je suis ce corps ; c’est ce que je suis. Vous êtes ce corps ; c’est ce que vous êtes. C’est ma culture ; c’est votre culture. Ce sont mes croyances ; ces sont vos croyances. Vous êtes mon ennemi ; vous êtes mon ami. Vous voulez quelque chose de moi ; je veux quelque chose de vous. »

Je ne découragerai jamais personne de prendre des pauses dans cette pratique habituelle de souffrance, si ces pauses sont trouvées dans ce que l’on appelle pratique spirituelle, ou dans la danse, écouter de la musique, être dans la nature, ou se reposer dans un hamac.
La vérité de qui vous êtes, cependant, est plus simple que tout ce qui peut être pratiqué.
La souffrance personnelle, d’un autre côté, est très complexe, et pour continuer, elle doit être pratiquée.
Si vous êtes en train de souffrir, juste comme une investigation, regardez si vous êtes en train de pratiquer votre souffrance.

vendredi 12 août 2011

Face à la mort


J'ai été touchée d'apprendre la mort d'Arnaud Desjardins (18 juin 1925 - 10 août 2011) et cela m'amène à vous partager ce texte écrit par Gangaji en 2002 après la mort d'un de ses amis.


Vous mourez en ce moment même.

Tout ce que vous pensez être est en train de mourir maintenant.

Vous-même, en tant que corps individuel, en tant que monde, en tant qu'expérience, vous mourez en ce moment.

Plusieurs morts surviennent tous les jours.

Il y a la mort de chaque moment, et la mort tous les soirs quand le sommeil vous prend.

Il y a mort quand une relation se termine ou quand un enfant quitte la maison.

Cependant la mort dont je veux vous parler est la mort physique.

Dans notre culture, cette mort est généralement celle qu'on évite le plus, ce qu'on nie le plus.

Nous sommes tellement terrifiés par elle, tellement effrayés de n'être rien.

Bhavo est mort. Il est parti tranquillement dans son sommeil, alors que trois amis étaient auprès de lui et que j'étais en route pour aller le voir. Cela a été si précieux, un tel cadeau d'être avec lui les semaines avant qu'il meure et ce matin-là d'accompagner son corps dans la mort. Ce n'était pas là une théorie sur la mort, c'était vraiment d'être dans la chambre avec la mort. La mort qui s'approche, qui s'approche clairement, et puis la mort là, présente, s'emparant de l'énergie de vie. C'était d'être avec un corps quand rien n'y est fait pour l'embellir, quand il a la pâleur de la mort. Juste la vérité crue de la mort de la forme. Accepter d'être en présence de la mort nue, non déguisée, révèle l'absolue, l'indéniable beauté et la présence de ce qui est éternellement vivant. Bhavo a donc disparu, ce que nous connaissions de la forme de Bhavo n'est plus. Son corps a été incinéré et maintenant il est réduit en cendres; il a disparu. Nous aurons tous des souvenirs de Bhavo, des souvenirs de sa charmante personnalité, de ses sautes d'humeur, de toutes les dimensions de ce qu'était Bhavo.

La présence qui animait sa forme est exactement la même présence qui anime votre forme, qui anime toute forme. S'éveiller à soi-même en tant que cette présence, c'est accepter d'affronter la mort dans toutes les formes, y compris ce que vous appelez votre propre forme. Il a laissé un cadeau immense à ceux d'entre nous qui ont accepté de l'accompagner dans ses souffrances physiques jusqu'à la fin. Il y avait quelque chose de très précieux dans sa mort, parce qu'il savait qu'elle approchait. Il ne niait pas la mort. Cela ne veut pas dire qu'il ne combattait pas la maladie ; il s'est battu, faisant tout ce que lui et ses médecins pensaient possible. Il ne s'agit pas de ne pas combattre la maladie. Il s'agit de savoir que vous combattez la maladie tout en sachant que la mort viendra à son heure. Et d'avoir la capacité, comme Bhavo l'a eue, de faire face à sa propre fin. Quand il a entendu les mots :« Nous avons perdu la bataille, le combat est terminé », le lendemain matin il était mort.

Plusieurs personnes viennent à la recherche spirituelle pour obtenir quelque chose, mais la vraie réalisation spirituelle est atteinte par l'abandon conscient de tout. Que signifie de tout perdre ? Dans la mort, nous perdons tout : nos familles, nos amoureux, notre histoire, notre passé, notre futur. En acceptant de tout perdre consciemment, la vérité de soi-même est révélée.

Heureusement, Bhavo n'a pas eu à attendre que la maladie s'empare de son corps pour affronter cette perte.

Ainsi il a pu mourir libre, il a pu mourir en paix, perdant quelque chose de très précieux, mais gagnant plus encore que tout ce qui puisse être perdu. Il m'a semblé que ceux d'entre nous qui étaient avec lui ce jour-là, avec son cadavre couleur de cendres, ont ressenti une inconcevable, une incompréhensible joie d'être. Bhavo, dans sa mort, a été un cadeau pour nous. En vérité, il avait été un cadeau pour nous longtemps avant, parce qu'il avait fait face à la mort bien avant que la mort physique ne vienne. Sa vie comme sa mort ont été finalement, relativement et absolument le même cadeau.

Nous allons tous mourir un jour ; il n'y a pas de naissance sans mort.
Cependant, en ce moment même vous avez l'occasion d'affronter la mort avant que votre corps ne meure, de reconnaître votre amour pour le corps, votre attachement à la forme physique et de laisser cet attachement mourir. C'est le fait de s'identifier à tort à la forme physique qui doit mourir. Et, à travers cette mort, vous vous éveillez à la vérité de ce que vous êtes véritablement. Si vous acceptez de vous arrêter un seul instant et de mourir à cet attachement, il est possible qu'il vous reste au moins un peu de temps pour découvrir ce à quoi ressemble la vie quand on a fait face à la mort. Alors vous pourrez passer le reste de votre vie à partager votre découverte avec les autres. Il y a une telle faim, une telle soif du nectar qui vient de cette reconnaissance.

Pour mourir de cette façon, il faut d'abord découvrir le mécanisme de la résistance.

Par exemple, quelle est la pensée sur laquelle repose la croyance que « je ne peux pas affronter la mort tout de suite ? » La résistance à faire face à la mort vient de la pensée effrayante qui dit « je n'existerai plus. » Je comprends cette peur.

Plusieurs l'ont dit, et je le dis moi aussi : « Vous êtes l'existence même. »

Je ne vous demande pas de croire ce que je dis, mais je vous encourage à vraiment faire face à la peur de ne pas exister, à plonger dans l'idée inconcevable que vous puissiez ne pas exister.

Généralement, nous nions cette possibilité, mais de l'explorer véritablement, de se demander « qui ou qu'est-ce qui n'existera pas ? », voilà ce qu'est la recherche de soi (Self-Inquiry).

On peut dire que vous êtes la Conscience Rayonnante, que vous êtes la Lumière, la Vérité, Dieu ou la Beauté. Cependant, il vous faut vous reconnaître vous-même comme tel, pour vous-même.

Êtes-vous le corps ? Je sais que le corps est de toute évidence imprégné de vous, je ne dis donc pas que vous êtes séparé de votre corps.

Êtes-vous prêt à accepter de mourir dès maintenant, d'être mort à la personne que vous étiez, d'être mort à celle que vous pensez être et à celle que vous pensez devenir?

Maintenant, que reste-t-il ?

mercredi 6 avril 2011

Guérir de la blessure primale

Extrait du livre
«The Diamond in Your Pocket :
Discovering Your True Radiance» de Gangaji

Traduction : Bertrand Coquoz


Si vous désirez la liberté,
vous devez être prêt à faire face à ce que vous avez fui en la cherchant.

En général, les gens fuient une douleur diffuse, souvent une douleur ancienne provenant de besoins non satisfaits dans l'enfance. Elle peut revêtir à la fois des aspects physiques et psychologiques. Elle peut être associée à une histoire, ou n'être qu'un champ énergétique, comme une impression négative ou de l'appréhension.
Chaque vie contient de multiples blessures, même celle des plus privilégiés d'entre nous.
A moins que vous n'arriviez à vous dissocier de la vie, tout l'éventail des blessures humaines est présent en vous, sous une forme ou l'autre. Certains réussissent à recouvrir leur psychisme ou leurs blessures émotionnelles et physiques de pansements, tout en poursuivant simplement leur vie quotidienne.
Mais je doute que quelqu'un réussisse à annihiler ses blessures totalement.
Cet échec est en soi une bonne chose, car il signifie que la blessure demande de l'attention, à l'instar du gravier dans une chaussure qui gêne tant qu'on ne s'en est pas occupé.
Bien entendu, nous cherchons à nous débarrasser de cette douleur centrale de différentes manières, à la fois mentales et matérielles. La plupart des activités mentales servent en premier lieu à fuir cette blessure primale et tout ce qui la concerne.
Il arrive aussi que nous nous tournions vers la vie spirituelle dans l'espoir qu'un enseignement ou une illumination particulière nous soulagent de notre blessure. Nous cherchons à faire ce que l'enseignement ou l'enseignant dit, et nous le répétons inlassablement, en espérant que la souffrance sera éliminée.

Étonnamment, un vrai enseignant et un véritable enseignement vous conduisent sans pitié et avec la plus grande compassion directement au cœur de la blessure.
La blessure la plus profonde et la plus essentielle n'a pas de nom.
Vous pouvez l'appeler « condition humaine ». ou « existence conditionnée » ou « le fait de souffrir ».
L'instinct de fuite est puissant, mais c'est pourtant lui qui vous ramène finalement au point de départ, à la rencontre de votre blessure. Vous mûrissez au travers de vos diverses tentatives de fuite, pour finalement constater que la même blessure est toujours là, qui vous attend.
On fait souvent appel à la psychothérapie pour tenter de guérir les blessures.
Le travail psychologique a son utilité, en particulier dans la culture occidentale qui est une culture psychologique.
Ce travail peut être utile pour développer une maturation de l'esprit, et voir le fonctionnement des mécanismes particuliers et des réactions routinières. Mais cela ne mènera pas plus loin. Tout en permettant des prises de conscience étonnantes et salutaires, la psychothérapie n'atteint pas le vrai fondement de la souffrance. Elle peut nous aider à découvrir que, malgré toutes nos connaissances psychologiques ou mentales, le fondement de la souffrance perdure ; et dans ce sens, c'est déjà une aide énorme.
Et à ce point précis, vous pouvez vous demander : Mais alors, qu'est-ce qui va bien pouvoir enlever cette souffrance ?
Si vous avez travaillé sur vous pendant vingt, quarante ou cinquante ans en psychothérapie et que le fondement de la souffrance est toujours en place, c'est qu'une chose essentielle doit encore être révélée.
Guérir les blessures est une bonne chose. Il existe un traitement pour chaque blessure et toutes les blessures qui peuvent être soignées devraient l'être.
Ce qui pose problème, c'est de croire que la guérison va vous apporter la vérité.
Le traitement s'adresse à la blessure émotionnelle, physique ou mentale : il ne s'occupe pas et ne permet pas de découvrir ce qui est par essence entier, pur, libre et en paix.
La vérité est déjà là, indépendamment de l'état de votre corps, de vos émotions, de votre esprit ou de vos conditions de vie.

Je vous invite à cesser de chercher à vous libérer de la souffrance pour un instant.
Je ne vous demande pas de devenir insensible à la souffrance, ou de glisser dans le désespoir.
Je vous invite à cesser de chercher quelque chose dans l'intention de vous délivrer de vous-même.

mardi 29 mars 2011

L'histoire "moi"

Extrait du livre « Freedom and resolve »
de Gangaji
Traduction : Isabelle Padovani


Qu’est-ce qui perpétue l’histoire de « moi » ?

Le désir alimente l’histoire.
Même lorsqu’il peut y avoir un désir de laisser partir l’histoire, un désir de voir ce qui est vrai, il y a aussi un désir de continuer à fabriquer l’histoire. Ceci doit être reconnu.
Le désir de continuer l’histoire, que ce désir soit vu ou non, est enraciné dans la peur de n’être rien. Cette peur est nourrie par la croyance que si vous laissez tomber cette histoire qui a été racontée avec tant de persévérance durant cette vie, vous ne serez plus rien, vous mourrez.
Ce sera la fin de « vous ».

Si vous regardez attentivement, vous verrez l’effort conscient subtil mais puissant de garder en place la « moi-itude ». Peut-être est-ce à présent un « moi » illuminé, mais c’est toujours « moi ». La peur est que sans un effort conscient, le corps pourrait peut-être juste se désintégrer immédiatement. La peur est que si le corps disparaît, qui vous êtes disparaitrait aussi.

Quel que soit le degré où se trouve la peur, c’est le degré auquel il y a identification erronée de l’histoire de « vous » en tant que vérité de « vous ». Au degré auquel il y a identification avec l’histoire de vous en tant que vérité de vous, il y a souffrance, car vous n’êtes pas une histoire.
L’histoire est un mensonge, et un mensonge est un fardeau.
C’est un fardeau qui est maintenu chaque matin, chaque journée et chaque nuit.
Peut-être que la nuit le fardeau est mis de côté pour un moment afin qu’il puisse y avoir un profond repos, mais il est récupéré à nouveau dès que le corps quitte l’état de sommeil. Il est augmenté, décoré, réarrangé, réparé, équilibré et rendu meilleur – en un meilleur fardeau. Il n’y a pas de mal à ça. Si vous voulez être diverti par une histoire, alors oui, équilibrez-là, rendez-là bonne, décorez-là.
Mais habituellement, ce qui arrive est que l’histoire devient un objet de culte au nom soit de la haine envers soi-même, soit du narcissisme. Alors cette histoire de « moi » est le fardeau de la souffrance.

Le premier défi est de reconnaître que vous racontez une histoire.
Puis le défi est d’avoir la volonté d’arrêter de raconter l’histoire, la volonté de mourir, et en ce sens, la volonté de n’être rien du tout (note de la traduction : pour rappel, en anglais, rien se dit « nothing » : Gangagi l’écrit no-thing pour accentuer le sens littéral de « pas de chose » ou « aucune chose », permettant de réaliser que ce que nous sommes n’est aucune chose/objet que nous percevons, incluant les objets sensoriels, perceptifs et mentaux).
Alors, ce que nous avons appelé Soi ou Vérité ou Dieu s’avère être ce même « rien du tout ».
Vous vous reconnaissez vous-même en tant que ce rien.

Je ne parle pas de rien tel que le mental entend rien, comme une sorte de néant nihiliste, plat, mort.
La pure rien-ité (no-thing-ness) est intelligence consciente.
Le nourrisson ne sait pas son nom, et pourtant, ne se relie pas à lui-même en tant que nom. I
l se relie à lui-même en tant qu’intelligence consciente.
L’histoire du nourrisson, de l’adolescent, et de l’humain adulte est l’histoire de l’émergence de « moi », le culte de « moi », le fardeau de « moi » et la libération de « moi » - fin de l’histoire - retournant à l’intelligence consciente.
Se connaître consciemment soi-même comme étant l’intelligence consciente en laquelle tous les « moi » font leur apparition et leur disparition.

Beaucoup d’individus se sont éveillés à la vérité que la conscience individuelle est inséparable de la conscience universelle. Alors, ce qui reste du mouvement de l’apparente conscience individuelle se réfugie souvent dans un ermitage ou un isolement de la société.
Durant le temps de l’absorption de l’apparente conscience individuelle dans la pure conscience de l’être universel, Ramana Maharshi devait être nourri. Il n’y avait aucun intérêt de sa part à garder son corps en vie.
Mon enseignant, Sri H.W.L. Poonjaji (Papaji) a fait un pont entre la vie de sadhu – une vie retirée des interactions avec la société - et la vie active. Papaji vivait à l’extérieur de l’enceinte de l’ashram. Il avait une famille, un travail, des interactions quotidiennes avec d’autres personnes qui n’avaient aucun soupçon du moi en tant que conscience, tout en se connaissant lui-même pour être la totalité de tout ce qui est.

Je ne sais pas quelle est la destinée de votre vie.
Que vous viviez votre vie comme un ermite ou au beau milieu de la place du marché, vous avez le plein potentiel de reconnaître la vérité de votre inhérente rien-ité.

lundi 21 mars 2011

Ce qui est toujours présent

Extrait du livre « Freedom and resolve »
de Gangaji
Traduction : Isabelle Padovani


Dans la culture occidentale, particulièrement en Amérique, nous sommes entrainés à savoir ce qui va se passer et à essayer de le faire devenir ce que nous voulons que ce soit.

C’est pourquoi il y a tant de souffrance ; essayer de forcer la vie à être quelque chose basé sur un concept particulier. Nous cherchons ensuite de l’approbation pour ce concept et combattons toute désapprobation de ce concept. Même si nous sortons victorieux de notre combat, nous restons toujours insatisfaits, frustrés.

« Laisser venir » ne veut pas nécessairement dire rester assis sur son canapé et ne plus jamais bouger. Cela ne veut pas non plus nécessairement dire se lever de son canapé et agir.
C’est plus profond que cela.
Une vie active peut être vécue en tant que vigilance,
et une vie inactive peut être vécue en tant que vigilance.

Il y aura beaucoup de compréhensions.
Il y aura beaucoup de révélations et des expériences approfondissantes.
Au milieu de tout cela, soyez vigilant à ce qui n’a pas changé, 
ce qui a toujours été entier, ce qui a toujours été radiant et inpollué.

Il peut y avoir même des compréhensions encore plus profondes.
Goûtez les telles qu’elles arrivent, 
saluez les comme elles s’en vont, 
et soyez vigilant à ce qui n’a pas changé, 
ce qui n’a pas été perdu par l’expérience de la perte, 
et qui n’a pas été augmenté par l’expérience du gain.

Soyez vigilance.
La plus grande joie de l’expérience humaine est d’être vigilance.
Ce n’est pas une tâche.
C’est la félicité elle-même.
Une félicité qui est consciente et vigilante à ce qui ne change jamais, à ce qui est toujours présent. Soyez cela.
Alors vous verrez cette entité nommée votre vie se déployer de façon exquise, comme une fleur se déploie. Et tandis que cela commencera à mourir, cela mourra de façon exquise, comme meurt une fleur. Vous n’avez pas besoin de le tremper dans la cire pour le figer pour toujours à une certaine étape.
La mort n’est pas l’ennemi.
La peur de la mort est l’ennemi.
La peur de la mort est le résultat de l’identification erronée de vous-même avec une entité particulière.
Votre véritable identification est le ciel d’être…

mercredi 16 mars 2011

Etre vigilance

Extrait du livre « Freedom and resolve »
de Gangaji
Traduction : Isabelle Padovani


Si la flèche de la vérité vous a transpercé et que vous le savez, si vous avez eu cette expérience, alors vous connaissez aussi les pensées arrogantes qui peuvent survenir : « Et bien, je sais que je suis un avec la vérité, alors qui est là pour rester éveillé ? »
Vous vous êtes probablement dit cela, n’est-ce pas ?
Et tout d’un coup, il y a souffrance à nouveau et on gémit :
« Je l’ai perdu ! Comment ça a pu arriver ? ».  
La perception et l’expérience de perdre ce qui ne peut être perdu est rectifiée par la vigilance.

Je ne parle pas d’effort.
Je ne parle pas d’exercer de la vigilance.
Je parle d’être vigilance et de reconnaître qu’il est naturel d’être cela.
Vous êtes pure conscience.
La conscience est naturellement vigilante.
Elle est vigilante à elle-même, et elle est toujours, en vérité, consciente d’elle-même.

Quand le corps est dans le sommeil profond, et qu’il n’y a pas de points de référence, pas d’impressions venant des sens, pas de perception du corps ou d’aucun objet qu’il soit mental, émotionnel ou physique, demeure toujours une conscience consciente d’elle-même, et ceci est béatitude. C’est la béatitude du sommeil profond.

Quand le corps se réveille et que les objets réapparaissent à votre vue, vous savez toujours qu’il y a eu sommeil profond, expérience sans objet.
Vous n’en avez aucune impression sensorielle, mais vous le connaissez parce que la conscience d’elle-même est toujours présente.
Tandis que les objets apparaissent, notre conditionnement est de nous fixer sur les objets et d’ignorer le profond nourrissement qui est toujours présent.

La vigilance est la conscience de qui ne disparaît pas même quand les objets apparaissent.
Que ces objets soient exquis, horribles, ou quelconque, demeure toujours cette conscience consciente d’elle-même.
Que les objets soient émotionnels, mentaux ou physique, demeure toujours cette conscience consciente d’elle-même.

mercredi 9 mars 2011

La vigilance pure

Extrait du livre « Freedom and resolve »
de Gangaji
Traduction : Isabelle Padovani


La pure vigilance doit être une aisance dans la reconnaissance, sans quoi c’est « exercer » de la vigilance, et c’est déjà ne plus être vigilant.
Quand vous entendez cette pensée « Maintenant, je vais « exercer » de la vigilance », demandez qui exerce cette vigilance.
C’est du questionnement direct de soi. Vous verrez qu’il n’y a personne ici, qu’il y a seulement vigilance.
Puis vous verrez qu’il est assez naturel d’être conscient des objets qui passent, aussi bien qu’être conscient de ce qui est conscient à la fois des objets qui passent et de soi-même (cette conscience consciente).

Demeurez dans la vigilance et voyez.
Simplement, patientez et voyez.
Voyez ce qu’est la destinée du corps.
Voyez ce qu’est l’énergie du mouvement d’une vie.
Il y aura des objets qui passeront par l’autel de la vigilance.
Laissez les passer comme des nuages.
Les nuages ne sont pas un problème, certainement pas un problème depuis le point de vue du ciel.
Vous êtes le ciel.
Vous n’êtes pas une entité levant les yeux vers le ciel.
Vous êtes le ciel regardant l’apparence de l’entité.

C’est une compréhension erronée qui perçoit la vigilance comme un fardeau. Le vrai fardeau est le déni de la nature de votre être en tant que conscience elle-même.
L’idée que la vigilance est un fardeau vient du concept de la pratique spirituelle. On vous a enjoint de pratiquer. On vous a dit de pratiquer et de pratiquer encore. Je ne sais pas de quel mot vient le mot « pratique », mais c’est une mauvaise traduction, parce qu’en anglais, pratique signifie une sorte de préparation pour un évènement réel.
Vous pratiquez pour le football.
Vous pratiquez pour votre récital.
Vous ne pouvez pratiquer pour la vie.
La vie est juste maintenant.
Donc je n’utilise pas le mot « pratique » en termes de vigilance.
Je parle d’être vigilance.
Soyez cela maintenant.
Vous êtes déjà cela.
Reconnaissez-vous vous-même en tant que cela, et soyez vigilant à votre vraie nature.
Puis voyez. Sans chercher quoi que ce soit, voyez.

jeudi 3 mars 2011

Surveillance ou vigilance ?

Extrait du livre « Freedom and resolve »
de Gangaji
Traduction : Isabelle Padovani


Vigilance : un appel à une profonde reddition

De nombreuses personnes chanceuses, touchées par la grâce, ont eu un avant-goût, un aperçu de ce qui est immortel, ce qui est le Soi éternel.
A partir de ce goût émerge la question « Et ensuite ? » ou « Que devrais-je faire maintenant ? Que fais-je avec ça ? Comment je le prends ? »
Ces questions indiquant que l’être est appelé à une reddition plus profonde.
Il y a toujours une invitation à une reddition plus profonde.
Cette reddition est la vigilance.

La vigilance est souvent mal comprise.
Habituellement, ce qui passe pour de la vigilance est une surveillance attentive effectuée par le super ego. Je suis sûre que vous êtes tout à fait au courant de cette sorte de surveillance – « Oh, je n’aurais pas dû dire ce que j’ai dit. Je n’aurais pas dû agir de cette façon. Je n’aurais pas dû penser ça. J’aurais dû me rendre. »
Cette surveillance n’est pas de la vigilance. C’est une imitation de la vigilance.
La vigilance vient du mot latin « vigil », signifiant « éveillé ».
Rester éveillé est une forme de culte.
Vigilance est une veille sacrée, calme, paisible de la flamme de la vérité.

C’est la phrase de Jésus à ces disciples au mont des Oliviers : « Veillez sans cesse ».
Veillez aussi longtemps qu’il y a une possibilité de perception de quelqu’un séparé de la vérité, aussi longtemps qu’il y a une spirale descendante vers des désirs du passé, aussi longtemps qu’il reste un souffle dans le corps.
En présumant que la perception de la séparation de la vérité est probable, ou au moins possible, vous avez l’opportunité de veiller sur la flamme de la vérité.
Si vous êtes vraiment vigilant,
vous découvrirez que vous-même n’êtes pas séparé de la vérité.
Que vient-il ensuite ? Une vigilance plus profonde. Une découverte plus profonde.
Il n’y a pas de fin à la véritable découverte.
Ce qui peut finir finalement est votre préoccupation de qui vous pensiez être – votre corps, vos pensées et vos émotions.
En fait, la préoccupation continue seulement lorsque vous continuez à la nourrir.

Nourrissez votre corps. Nourrir votre corps n’est pas une grande affaire.
Mais nourrir vos pensées est une grande affaire.
Nourrir vos émotions est une grande affaire.
Arrêtez de nourrir vos pensées et vos émotions et voyez ce qui n’a pas besoin de nourriture pour son existence.
Restez vigilant à cela.
Rendez-vous à cela.

dimanche 27 février 2011

Permanence et impermanence

Extrait du livre « You are that » de Gangaji


J'ai eu des expériences de temps en temps d'éveil et de grâce qui ont duré environ deux semaines. Comment se soumet-on ou s'ouvre-t-on à cet état de façon permanente?

D'abord faites une distinction claire entre ce qui est permanent et ce qui est impermanent.

Les pensées sont impermanentes. Elles apparaissent et disparaissent. Au pire, vous savez qu'elles disparaissent chaque nuit quand vous plongez dans le sommeil profond.

Toutes les formes apparaissent et disparaissent. Même les plus sublimes expériences sont des formes subtiles, et en tant que forme, vont et viennent.

La maturité est la reconnaissance que toute chose vient et s'en va. C'est la vérité. De prime abord, ça peut sembler une vérité terrifiante. Aucune chose ne restera. Soumets-toi en face de cette terreur, et reconnais l'impossibilité de compter sur quoi que ce soit. Vous ne pouvez même pas compter sur votre propre corps. Vous ne pouvez pas compter sur l'état le plus désiré. Quand vous reconnaissez cette impossibilité de compter sur quoi que ce soit, l'abandon est possible. Dans l'abandon, la soumission, la présence permanente de l'être est révélée.

Comme vous dites, l'éveil n'a été qu'un coup d'oeil. L'expérience de grâce qui continue quelque temps est le résultat de cet aperçu. La tendance forte est d'essayer de cramponner ce résultat sublime. Ne savez-vous pas tout cela très bien? Comme vous sentez cette expérience décliner ou quitter, il peut y avoir panique, ou activité mentale intense pour essayer de la garder. Bien sûr, si vous vous agitez pour la garder, la douceur prend congé beaucoup plus vite.

Il y a une reconnaissance essentielle qui doit survenir pour que l'activité mentale reconnaisse sa source. Si vous essayez d'agripper le résultat de cette reconnaissance, vous passez à côté de la reconnaissance du Soi dans l'instant.

Si vous essayez de vous agripper à un état d'extase, pourtant sublime, vous passez à côté de ce qui est plus profond que l'expérience extatique. Et comme aucun état ne peut être attrapé, la déception est ressentie encore et encore.

Pourquoi ne pas s'agripper à ce qui est là tout le temps? On peut y adhérer. C'est l'éternité même, hors du temps, et pourtant incluant le temps. L'éternité ne va ni ne vient. Ce n'est pas une chose. C'est en cela que toutes les choses, tous les états y compris, s'élève. La grâce et ce qui n'est pas sacré, l'extraordinaire et le très commun, le confort et l'inconfort, apparaissent ici, dans l'éternité. L'éternité est votre refuge. Reconnaissez l'éternité en vous-même.

Au delà de l'occurrence des états particuliers, il y a cela dont émane tranquillité, ouverture, paix et clarté. Cela n'est rien d'objectif.

D'abord, prenez conscience de ce qui est impermanent. Je dis que tout est impermanent, mais vous devez le découvrir par vous-même. Quand vous découvrez vraiment que tout est impermanent, vous cesserez de chercher la permanence dans les choses. Cessez de chercher la permanence non seulement dans les grosses choses, mais aussi dans les très subtiles, comme les idées, les états de conscience et les expériences.

Perpétuer le cycle de la souffrance se fait en continuant d'essayer de maintenir la permanence à partir de quelque chose qui est de façon inhérente impermanent.

Je n'y vois pas clair à propos de la différence entre une expérience de ce qui est permanent, et la permanence elle-même.

Une expérience est impermanente. Il y a un temps où l'expérience n'existait pas. Un moment donné ça apparaît, et à un autre ça disparaît. Un instant de reconnaissance de ce qui est au-delà de l'expérience, une expérience d'illumination, est un instant de consciente non-expérience.

Il y a de nombreux moments de non-expérience dans une vie, et même chaque jour. Parce que votre attention est habituellement fixée sur des objets d'expérience, la conscience en laquelle toute expérience d'objets survient est normalement non-vue.

La conscience se surveille elle-même.

Trouvez la conscience et vous trouverez la permanence. Comment trouver la conscience ? En abandonnant la recherche de la conscience en tant que chose, un objet.

Posez-vous la question : qui est conscient ?

mardi 22 février 2011

Le choix est vôtre

Extrait du livre « Freedom and resolve » de Gangaji
Traduction : Isabelle Padovani


Après des éons à choisir de raconter une histoire de séparation de Dieu, l’histoire semble sans choix. Elle semble sans choix, mais elle ne l’est pas. Vous avez simplement continué à choisir l’histoire qui vous a été transmise par vos ancêtres, par vos vies passées, par vos erreurs passées, par vos désirs passés.
Ce qui est sans choix est la vérité de qui vous êtes.

Le choix réside dans la capacité de l’esprit à dénier cette réalité ou à l’embrasser.
Ce choix relève du libre-arbitre – la liberté de choix. Vous n’avez aucun libre-arbitre au niveau de qui vous êtes. Vous êtes cela pleinement et complètement. Mais vous avez un libre-arbitre concernant les pouvoirs de l’esprit et de l’imagination. Vous pouvez jouer à faire comme si vous n’êtes pas qui vous êtes. Vous pouvez jouer à faire comme si vous l’êtes déjà, mais pas encore complètement. Vous pouvez jouer toutes les variations et permutations de choisir ou dénier être ce que vous êtes déjà.

Vous avez joué à ça pendant des éons. Finalement, une lassitude est apparue dans le jeu, car le jeu est limité. Par toutes ses expressions, par toutes ses beautés, par toutes ses douleurs, le jeu est limité car il est basé sur l’hypothèse que vous êtes quelque chose séparé de la Vérité, de la compréhension, de l’amour, de Dieu. Le jeu tout entier est basé sur l’hypothèse de la séparation, et l’hypothèse est rarement remise en question. L’hypothèse est considérée comme vraie, et à partir de cette croyance, le jeu devient très compliqué.

Je vous invite à voir qui est réellement en train de jouer.

Vous êtes naturellement conscience. Ce que nous appelons « Dieu » est conscience suprême. Vous êtes naturellement un avec Dieu. Vous êtes naturellement Vérité. Tout le reste est non naturel. Cela peut être normal, mais ce n’est pas naturel. Cela peut être habituel, mais ce n’est pas naturel. Le jeu même a son but, parce qu’avec la croyance en le jeu, et sa non-naturelle normalité, il y a une occasion de vous imaginer perdu, de faire l’expérience de la douleur et de la souffrance d’être perdu, d’être exclu, d’être séparé de Dieu. Puis de cette imagination, de ce jeu avec toutes ses douleurs, peut s’élever l’envie de la réunion avec la Vérité dans toutes ses gloires.

Si vous découvrez que vous prenez comme acquis la vérité que vous êtes conscience, que vous êtes un avec Dieu, que vous êtes Vérité, alors cette vérité que vous considérez comme acquise est une sorte de transe ou d’état de sommeil dans lequel vous imaginerez un jour que vous êtes séparé, que vous êtes perdu, et la quête recommencera à nouveau.

Dans l’invitation qui nous vient de Ramana (Maharshi), l’invitation à une interrogation personnelle directe, vous avez l’occasion de tourner votre attention vers qui est perdu, qui est séparé.
Vous ne trouverez personne. Personne n’est perdu. Celui qui est perdu a été fabriqué dans l’esprit pour commencer à jouer. Si votre résolution est d’enquêter intensément, fraîchement, complètement, de ne pas vous endormir en continuant à pratiquer la croyance basée sur l’hypothèse de la séparation, alors vous vous rencontrerez comme cette conscience même dans laquelle joueur, chercheur, séparation et union apparaissent et disparaissent.