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samedi 7 décembre 2013

Affamé



Toutes les faims
que l'Enfant-Moi
peut éprouver
trouvent leur origine
en la faim de sa complétude.

Je suis le Tout
en tant que cette partie,
je suis l'Illimité
en tant que cet être
tellement limité,
je suis la Vie Éternelle
en tant que cet être
qui est né et qui mourra,
je suis l'Un
en tant que ce multiple de moi-m'aime,
qui se vit comme divisé...

De ce décalage,
qui est l'essence même
de notre condition humaine,
naissent toutes les faims
qui ne peuvent être rassasiées...
Leur point commun :
croire que c'est par l'absorption
de quelque chose
que la faim va s'apaiser...

Les "nourritures" envisagées
sont multiples :
aliments,
sensations,
sentiments,
énergie,
relation,
savoir,
avoirs,
statut social,
statut spirituel,
l'Eveil étant l'ultime aliment
de cette liste du manque
auquel croit l'Enfant-Moi.

Toutes les traditions spirituelles
invitent à l'ascèse, au jeûne :
il n'est point là question
de se "priver" de quelque chose...
Si je me prive,
c'est le signe que mon attention
est tournée vers l'objet
de mon appétit du moment.
L'invitation est plutôt celle
de "faire retour"
vers cela même
qui est en train de percevoir
l'intensité de la faim.

Lorsque nous osons
goûter l'intensité de notre faim,
plutôt que de chercher à l'apaiser,
nous allons découvrir,
que ce qui l'expérimente,
en cet instant précis,
ce qui ressent cette faim,
n'est en réalité nullement affamé...
Nous découvrons alors
que nous sommes
cet espace tranquille,
entier, complet,
en lequel cette sensation
de manque apparaît.

Nous nous nourrissons alors
de la faim même,
nous goûtons à quel point
rien ne pourrait être ajouté
(ni enlevé, d'ailleurs)
à ce que nous sommes,
nous nous détendons
en cet espace de complétude
en lequel rien ne peut manquer.

Depuis cette douce perception
de notre plénitude,
nous pouvons alors
nous tourner vers le quotidien,
avec l'appétit d'incarner le goût de sa présence,
mais sans se croire affamé de son absence...

vendredi 6 décembre 2013

La réalité, c'est quoi ?


Extrait de la Rencontre au coeur de la Présence des 16 et 17 novembre 2013 à Vincennes. 

Découvrez les prochaines dates des prochaines Rencontres en cliquant ICI.
Et si vous ne pouvez vous déplacer, vous pouvez participer sur Internet aux web-Satsangs : pour cela, cliquez ICI.

Vous pouvez soutenir la diffusion ce que partage Isabelle Padovani en faisant un don
(même 1€ contribue !) : http://bit.ly/Don-IP

"J'aimerais prendre ma place..."


Extrait de la Rencontre au coeur de la Présence des 16 et 17 novembre 2013 à Vincennes. 

Découvrez les prochaines dates des prochaines Rencontres en cliquant ICI.
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Existence



Le quotidien d'un être humain
est animé par une quête d'intensité :
que cette quête soit consciente ou inconsciente,
elle est ce qui motive toutes ses actions...
Goûter cette intensité particulière
est souvent nommé "plaisir".

L'humain en recherche spirituelle
remet en question cette quête de plaisir,
en constatant l'aspect éphémère
de sa satisfaction.
Il s'élance alors
dans une nouvelle quête,
plus prometteuse :
celle de la joie pure,
ne requérant aucun objet
pour que le contentement soit vécu.

Pour ce faire,
il pratique assidûment
méditation, ascèse,
conscience de l'instant présent...
Là, il goûte une nouvelle forme d'intensité,
plus subtile et plus vaste à la fois.
Demeure cependant un constat :
cette intensité-là,
liée à des pratiques,
a, comme elles,
un début et une fin.

Lassé de déployer autant d'efforts
pour un résultat au final peu probant,
certains cheminants s'arrêtent parfois là,
se disant "tous ces efforts pour cela ?
Autant ne rien faire et prendre ce qui vient..."
Cela leur permet de goûter
une certaine détente intérieure,
qui a pour mérite
de leur faire vivre une relation plus simple
avec ce qui est.
Vivant cette expérience,
certains se croient "éveillés"...

Voyant cela,
leur guide sourit avec tendresse,
face à l'ultime aveuglement
de leur protégé.
Avec douceur et bienveillance,
il tente alors d'attirer leur attention
vers le dernier pas à faire,
pour goûter pleinement l'Ici :
percevoir la douce intensité
de notre présence,
goûter la vibrante permanence
de notre existence.

Merveille des merveilles,
miracle renouvelé à chaque instant,
Graal que seul découvre
celui ou celle
qui pose l'antique question :
"Qui sert-on, ici ?"...
La Vie sert la Vie,
la Vie se goûte,
conscience subtile
percevant la matière
en laquelle elle se manifeste
comme la plus intense des expériences
qu'il lui soit offert de vivre.

Là, toute quête s'arrête,
l'intensité du Vivant est savourée
en chaque pulsation,
en chaque respiration :
le Divin se goûte,
avec délice
en tant qu'humain.
Rien de plus,
rien de moins.
Infiniment.

Etre avec ce qui est



Etre avec ce qui est
n'a rien à voir avec
essayer d'accueillir
ce que nous n'arrivons pas à accueillir,
pas plus que tenter d'accepter
ce que nous n'avons pas envie d'accepter.

Etre avec ce qui est
consiste à s'asseoir gentiment
avec ce que nous ressentons,
comme on s'assiérait
aux côtés d'un ami,
tranquillement,
en silence,
sans lui demander d'explication sur sa présence,
ni justifier la nôtre :
juste être là, avec,
se respirer mutuellement,
percevoir le goût de soi
qui se transforme imperceptiblement
au contact du goût de l'autre.

Etre avec ce qui est,
n'est pas un "faire",
mais un expir de l'être
au cœur de l'instant,
une perception intime
de tout ce qui nous anime
et qui a du mal à rester gentiment
avec "ce qui est".

Ainsi, être avec ce qui est
consiste précisément
à rester avec ce qui,
en nous,
ne veut pas ou ne sait pas
comment être avec ce qui est...

Ayant compris cela,
être avec ce qui est
consiste alors
à accueillir avec tendresse
la part de nous
qui n'arrive pas à accueillir ce qui est,
à lui offrir un lieu bienveillant
où elle puisse y déposer
sa détresse du moment.
Ce faisant,
nous disons alors "oui"
à l'existence de son "non" à la réalité,
nous lui offrons un espace
en lequel, se sentant rejointe,
quelque chose peut commencer à se détendre,
tout doucement,
tout doucement,
tout doucement...

Là et là seulement,
se goûte
"Etre avec ce qui est"...

Feu de vie



Il est en chaque être
un feu unique
qui aspire à embraser
chacun de nos regards,
chacune de nos paroles,
chacun de nos gestes...

Oserons-nous
cette incandescence ?
Permettrons-nous
à l'intensité de ce qui nous anime
d'enflammer notre quotidien ?
Dédierons-nous notre vie
à l'expression
de ce feu du dedans ?

Si nous faisons ce choix,
nous deviendrons
des Ardents,
porteurs de la flamme sacrée
qui éclaire l'esprit
et réchauffe les cœurs...
Chaque jour,
il nous appartiendra
d'alimenter ce feu
par notre foi,
par notre joie,
par nos choix répétés
d'oser plutôt que de nous préserver,
de nous exprimer plutôt que de nous taire,
de passer à l'action plutôt que de ruminer.

Alors, à la flamme de notre être
s'éclaireront d'autres esprits,
s'embraseront d'autres cœurs,
s'animeront d'autres vies,
et chacun de ces feux follets
illuminera des mondes,
fera danser des galaxies,
en une lumineuse symphonie.

Rire d'amour


Il est un rire
qui naît du cœur
comme la source
jaillit du rocher :
mouvement joyeux
de la Vie
qui s'offre à elle-même
en gouttelettes d'humour partagé.

En ce "rire avec"
le Vivant s'aimulsionne,
se frictionne de tendresse,
se cajole en se marrant,
pouffe de rire avec allégresse,
se bidonne gentiment...

Si l'Eveil a un visage,
c'est celui d'un sourire aimant,
d'une complicité joyeuse,
du rire partagé
en découvrant la chute
de la bonne blague de l'identification...
Là, au cœur du Vivant,
amour et humour
ne font qu'Un,
et se partagent en un clin d'œil amusé.